Dernier volet des aventures trépidantes de Tannhäuser Fokker et Dominique, toujours en compagnie de David Mohamed aux dessins.

 

                                                              RUNNING AMOK WITH DOMINIQUE (suite et fin)

 

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An de grâce 2357 - salle de débriefing du Consortium.

« Avec une lampe de chevet ?

- Je n'avais rien d'autre sous la main.

- D'accord, mais quand même, vous l'avez pratiquement décapitée.

- Il fallait faire vite. C'était juste une femme de chambre.

- Certes, et les trois autres employés ?

- Je devais me frayer un passage. Ils faisaient obstacle.

- Vous étiez vraiment obligé de jeter le responsable du room service par la fenêtre du quatrième ? Sans compter la cliente que vous avez assommée dans l'ascenseur.

- Elle criait.

- Franchement, Fokker, et le chauffeur de taxi que vous avez envoyé valdinguer sous un bus parce qu'il tardait à vous laisser le volant... On vous avait pourtant spécifié de prendre des pincettes.

- Mais j'ai réussi. J'ai empêché que l'irréparable se produise et j'ai relâché Dominique tout au bout de la Troisième Avenue, à poil. Je lui ai bien expliqué qui j'étais, ce que je venais de faire pour lui et ce qu'il devait raconter aux autorités. L'avenir nous a prouvé qu'il a parfaitement compris le message. Un psychopathe l'a enlevé, puis, quelques minutes plus tard, affolé, l'a laissé repartir. Enfumage dans les règles de l'art. Grâce à moi, au lieu d'être un monstre, il a accédé au rang de rescapé.

- Si l'on veut. Il a été tellement traumatisé qu'il s'est recyclé comme clown dans les hôpitaux.

- Je l'ai vu de près, et croyez-moi, il avait des prédispositions.

- Épargnez-nous votre humour vaseux, Fokker. Heureusement, aucune des cinq victimes de votre sanglante expédition n'était destinée à avoir une influence quelconque sur l'avenir.

- Comme 99 % des gens, Monsieur. À ce propos, puis-je me permettre de vous poser une question ?

- Faites.

- Il me semble que Dominique était à l'époque étiqueté plutôt à gauche. Pourquoi avoir voulu le sauver ?

- Est-il indispensable de vous rappeler la devise du Consortium ? La sauvegarde du Monde Libre et Capitaliste, à n'importe quel prix, par n'importe quel moyen. Et dans le Monde Libre, l'illusion du choix est primordiale. Et puis n'oubliez pas que votre intervention a permis à notre bonne Christine de prendre la relève à la tête du F.M.I. dans de bien meilleures conditions.

- Dois-je comprendre qu'il va falloir retourner en 2008 pour régler l'affaire d'abus d'autorité dans le dossier Tapie et bétonner la position de Christine ?

- Vous comprenez bien, Fokker.

- Si ce n'est que cela, Monsieur, je suis à votre entière disposition.

- Heu, Fokker ?

- Oui, Monsieur ?

- Mollo, cette fois. »

                                                                                                  - FIN -

 

                                                         Texte : Antoine Chainas - Illustrations : David Mohamed

Par Antoine Chainas
Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 09:20

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Second volet des aventures trépidantes de Tannhäuser Fokker et Dominique, toujours en compagnie de David Mohamed aux dessins.

 

                                                                RUNNING AMOK WITH DOMINIQUE (suite)

 

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Fokker, la lampe de chevet à la main, se retourna d'un bloc. Lorsqu'il vit les traits crayeux du directeur, les yeux qui roulaient dans les orbites, les jambes qui se mettaient à jouer Bandoneon Arrabalero, il décida d'employer la manière forte. Pas question que l'élite tombe dans les vapes à cet instant précis. Il chopa Dominique par les cheveux et lui mit le pied de lampe ensanglanté - à l'extrémité duquel étaient collés de sérieux fragments épithéliaux faciaux et quelques follicules noirs incongrus - sous le nez.

« Je sauve ta putain de vie, bougre de connard ! Avance ! »

Et il poussa le gonze dans le couloir.

Maintenant que ce dernier avait laissé derrière lui la boîte crânienne évidée de la jeune femme, il reprenait un peu du poil de la bête. Il tenta d'exprimer sa désapprobation en employant la même parabole qu'un certain Andersen avait formulée cent vingt-cinq ans plus tôt.

« Mais je suis nu... »

Ce à quoi répondit Fokker, avec le sens de la repartie que lui connaissaient bon nombre d'agents influents du Monde Libre et Capitaliste depuis qu'ils lui étaient redevables :

« Je t'ai dit de bouger, truffe molle ! »

C'est au moment où l'employé du room service et les deux autres femmes de chambre déboulèrent à l'angle du couloir que les choses dégénérèrent tout à fait.

 

Flash info.

Tentative d'enlèvement du directeur du Fond Monétaire International par un fou en plein New York. La cavale meurtrière fait cinq morts. Le ravisseur présumé n'est pas encore identifié. À l'heure actuelle et malgré l'importance des moyens déployés, il reste introuvable.

(À suivre...)

 

 

                                                      Texte : Antoine Chainas - Illustrations : David Mohamed

Par Antoine Chainas
Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 08:08

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Pochade S.F. jadis commandée par un magazine célèbre pour ses femmes dénudées à l'époque où les rédacteurs en chef louaient sans réserve le potentiel commercial d'une affaire non moins célèbre pour sa femme dénudée.

Si le projet, pour des raisons diverses et variées, n'a pas vu le jour sous sa forme originelle, voici l'heure de te réjouir, lecteur chéri, car il t'est aujourd'hui présenté en exclusivité interplanétaire for your eyes only, en version uncu(n)t, cela va sans dire.

Cette aventure spatio-temporelle déviante a été réalisée en collaboration avec le dessinateur David Mohamed, dont le talent n'a d'égal que la gentillesse.

Pour des raisons de commodité, cette nouvelle sera publiée en trois volets. Stay tuned.

 

                                                                              RUNNING AMOK WITH DOMINIQUE

 

 

L'agent spatio-temporel Tannhäuser Fokker, sorte de Northwest Smith hyperprotéiné et dégénéré, est chargé par le Consortium tout-puissant qui l'emploie de se rendre dans le passé - c'est-à-dire notre présent - afin de modifier by all means necessary le cours d'événements susceptibles de porter atteinte au Monde Libre et Capitaliste. Dès lors, quand il faut faire le ménage pour réparer les bourdes de nos élites contemporaines, quand il devient indispensable de les défendre contre la veuve et l'orphelin, Fokker reste l'ultime recours. À péril extrême, solution extrême.

 

01ouverture 630pxAu premier coup de lampe de chevet, un peu au-dessus de la pommette droite d'Ophelia, l'œil sauta et ce fut d'un effet assez dévastateur, d'un point de vue esthétique, sur la physionomie symétrique et délicate de l'employée d'origine africaine. Au deuxième coup, assené dans la foulée, le beau visage d'ébène commença à vraiment prendre des allures de Picasso revu par Francis Bacon. Au troisième coup, la tête éclata simplement, ce qui était tout aussi bien et beaucoup plus court à décrire. La femme de chambre s'écroula sans un cri et son corps, soumis à de brusques variations dans le taux des micro-impulsions 02fokker_action_630px.jpgcontradictoires envoyées par le cervelet en bouillie, se mit à tressauter sur la moquette anglaise parsemée de fragments d'os crâniens et de matière cérébrale.

On était le 14 mai.

« Mais qu'est-ce que vous faites ? Vous êtes complètement fou ! » balbutia le directeur du F.M.I., à poil dans la suite 2806 du Sofitel de la 44e Rue.

Si, quelques instants plus tôt - ce qu'attestait le rapport qu'on avait remis à Fokker avant qu'il ne parte pour une énième mission de sauvegarde du Monde Libre et Capitaliste - le vénérable banquier international avait eu une érection, il n'en restait plus aucune trace après que le sujet fut soumis à la vision somme toute peu stimulante du faciès pulvérisé de la femme de chambre.

(À suivre...)

 

 

 

 

 

 

 

                                                Texte : Antoine Chainas - Illustrations : David Mohamed.

 

  

Par Antoine Chainas
Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 20:57

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imagesCABCP6GYEn 1975, l'écrivain Julius Horwitz a eu le courage de plonger son regard dans le gouffre insondable qui s'ouvre, telle une bouche sur un cri de suicidé, sous les pas de "l'homme de bonne volonté". Et surtout, il a eu le courage de le faire avec une radicalité exemplaire, sans concession ni justification d'aucune sorte.

En 2011, les éditions Baleine apportent la preuve, en rééditant Natural enemies, que cette oeuvre terrifiante et salutaire n'a pas pris une ride à l'heure où l'Occident, lézardé de toute part, paye l'addition. 

Le livre d'Horwitz intervient exactement au moment où la fête se termine pour le CSP+ caucasien d'obédience libérale, quand l'ennemi n'est plus nulle part, mais partout, lorsqu'il n'est plus les autres, mais bien nous-mêmes. Cet ennemi s'appelle la peur. Et lorsque la préservation du mâle blanc échoue, il n'a qu'une finalité : votre destruction planifiée, totale, et inexpliquée.

Un grand roman dépressif sur le blues métaphysique de nos sociétés ultra-matérialistes.

 

 

" [...] Ils auraient déboulé de leurs maisons jusqu'à la Cinquième Avenue. Tous au complet. Cette grande armée de loqueteux qui a fait de New York ce qu'elle est. Les 400 000 toxicomanes. La foule des assistés sociaux. Le million de vieux qui vivent avec 1,15 $ par jour. Les 100 000 malades mentaux qui croupissent dans les meublés insalubres. Les maîtresses de maison terrées derrière de ruineux systèmes de verrous de sécurité. Les 50 000 prostituées. Les 300 000 ouvriers qui travaillent tous les jours, gagnent moins de 100 $ par semaine, et subsistent on se demande comment. Les riches chassés de leur ville par une population de jeunes chômeurs qui tuent et mutilent à l'aveuglette. Les Noirs et les Portoricains qui, terrorisés, vivent dans des rues que les chiens eux-mêmes ont abandonnées. Les millions de femmes et d'hommes qui acceptent encore de s'entasser dans le métro au lieu de le défoncer de leurs poings nus. [...] Juste des millions de gens qui auraient marché pour se sentir vivants, pour se montrer, pour ne plus avoir peur [...] "

Par Antoine Chainas
Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 18:15

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r-c-wilson-julian"Par mes moustaches, je suis en r'tard, en r'tard...", chantait le lapin blanc. Je n'ai pas de moustache, mais je suis effectivement en retard. Voici donc en coup de vent, à l'heure où Julian, sans doute le roman le plus mainstream de R.C. Wilson, sort en librairie, un petit coup de projo sur quelques oeuvres du sieur. Qualifié, si mes souvenirs sont bons, par son excellent éditeur français, Gilles Dumay, "d'humaniste de gauche", il se dégage en effet des livres de l'auteur canadien comme un parfum de bonté inébranlable envers ses protagonistes. De là à affirmer que cette compassion, cette foi en l'être humain en fait quelqu'un de gauche, il y a un pas que je me refuserais à franchir.

arton1020.jpgC'est la même chan-son...

Puisqu'il est entendu que les grands romanciers écrivent toujours la même histoire, les trois livres que j'ai lu - Mysterium, Darwinia et Blind lake - se caractérisent par un canevas somme toute similaire : une communauté coupée du monde extérieur et qui, de fait, se transforme en biotope exogène. La déduction toute personnelle à laquelle je peux me livrer consiste à supposer que R.C. Wilson est bien moins intéressé par le prétexte diégétique de ses oeuvres que par la pâte humaine qui les constitue. Et c'est tant mieux. Ces personnages multiples, complexes, servis par une langue presque limpide et des dialogues au cordeau, incarnent alors à mon sens l'attrait majeur des romans de l'écrivain. La manière dont ils interagissent en milieu clos, avec leurs peurs, leurs doutes, leurs failles, confère à la narration une surprenante densité que bien des auteurs de littérature blanche seraient avisés d'étudier. Mais Wilson est-il un écrivain de genre ?

arton249.jpgExplorateur du sensible

Une fois encore, l'alibi science-fictif paraît dérisoire au regard des enjeux narratifs globaux. Voilà pourquoi, ici, on apprécie l'auteur : si la trame de ses récits offre un postulat dramaturgique indéniablement puissant, c'est la faculté à transcender le genre de prédilection qui domine et ouvre les portes à une fiction située au-delà des figures imposées. Par exemple, lorsque Wilson se rapproche du sense of wonder cher à nos amis du fandom, ce n'est que pour mieux digresser sur les enjeux politico-religieux d'un retour éventuel à une certaine forme de théocratie et à son corollaire inévitable : l'obscurantisme. Lorsqu'il évoque les univers parallèles et décrit les implications quantiques de la théorie des cordes, il le fait avec un tact exquis, c'est-à-dire sans jamais oublier les personnages qui supportent le champ des possibles, avec une finesse et un style qui ne sont pas sans rappeler les travaux d'un autre grand explorateur du sensible : Christopher Priest.

arton248.jpgbook_cover_les_extremes_161463_250_400.jpgVers l'infini et au-delà

A l'instar de Priest, d'ailleurs, Wilson a la réputation de produire un corpus relativement difficile d'accès. Rien n'est moins vrai, car chez Priest comme chez Wilson, l'humain - et son environnement; avec un sens consommé de la contemplation - demeurent au centre des préoccupations et jamais l'histoire, dont la progression est souvent d'une fluidité extraordinaire, ne cède le pas aux considérations théoriques. Alors, si vous voulez lire de la S.F. qui n'en est pas (ou si peu), si vous voulez rencontrer des personnages inoubliables, assister à des scènes d'une tendresse déchirante, vous poser des questions de métaphysique appliquée, vous battre, suer, tomber et vous relever, si vous voulez finir par refermer un livre un peu plus optimiste sur l'humanité, R.C. Wilson (et Priest aussi, en passant) est pour vous. Dans le cas contraire, je vous chanterai, tel le petit lapin blanc : "En r'tard, en r'tard, j'nai pas l'temps de dire au r'voir, je suis en r'tard, en r'tard..."

Par Antoine Chainas
Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 23:49

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Extrait de la conférence "Notes et neurones", organisée en 2009 au World Science Festival de la NYCU, en compagnie de John Schaefer (modérateur), Jamshed Barucha, Daniel Levitin, Lawrence Parsons et du musicien Bobby McFerrin. Attention, entre 1,50 et 4,05 mn, vous pourrez assister à un moment assez unique en son genre.

Enjoy.

Ensuite, les anglophones auront tout loisir d'apprécier la limpidité d'un débat exemplaire (ça nous change).

Par Antoine Chainas
Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 20:25

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le-g20-debouche-sur-des-accords-a-minima,512467

La Cité du soleil"Notre société en est arrivée à ce point de désordre que la condition des travailleurs, c'est-à-dire du plus grand nombre, y est devenue intolérable. L'évidence du mal est si grande que personne ne songe plus à la nier. Les hommes mêmes qui sont appelés à diriger la société reconnaissent que son organisation n'est plus en harmonie avec ses besoins puisqu'ils avouent qu'il y a quelque chose à faire ; toutefois, ils se gardent bien de proposer la plus simple réforme. L'aveu leur a échappé et, peut-être, après y avoir réfléchi, se sont-ils aperçus qu'il y avait plus à faire qu'ils ne se sentaient capables d'entreprendre sans alarmer les positions qui les maintiennent dans la leur. A mesure que la pourriture de ses vieux étais laisse l'édifice social s'écrouler fragments par fragments, les maîtres de la politique s'effraient et proclament la nécessité du statu quo avec un entêtement dont l'ardeur redouble en proportion de l'urgence et de la grandeur des changements qu'il faudrait accomplir."

Voilà, c'était en 1840, dans la préface que Villegardelle rédigeait à l'occasion de la première édition française de La cité du soleil, de Campanella (1602). 

Et depuis ?

 

P.S : Ci-contre, la réédition en 2000 par les éditions Mille et une nuits, avec une nouvelle traduction de Tripet.

 

Par Antoine Chainas
Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 21:10

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Sam Shepard, évidemment. Tiré du recueil Lune Faucon publié aux éditions Christian Bourgois en 1982.

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LETTRE D'UN TUEUR FROID

Peut-être que tu m'aimerais plus si je ne gagnais pas ma vie en tuant

Forcé à renifler mon Lüger Blackhawk tous les soirs

À compter les balles comme d'autres comptent leur pécule

C'est vrai on déménage souvent c'est dur pour le gamin

Tu t'habitues à la Dodge et le lendemain elle n'est plus là

Au moins il voit du pays

Il aime les trains et changer de passeport

Un mensonge de temps à autre qu'est ce que ça peut bien faire

Le sang sur la cravate

Il a déjà vu ça au cinéma

T'as qu'à lui dire que c'est du rouge à lèvres

L'oeil brûlé par la poudre

Dis-lui que les allumettes ont explosé

Ou mieux encore dis-lui que je suis un tueur froid

Qui s'escrime pour lui payer l'université

Et embrasse-lui la tête

Et borde-le dans son lit

Et note ce qu'il chuchote dans son sommeil bleu-ciel

 

 

 

 

Par Antoine Chainas
Jeudi 4 août 2011 4 04 /08 /Août /2011 18:59

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pollock-the devil all the timeC'est sorti chez Doubleday la semaine dernière aux États-Unis. Ça s'appelle The devil all the time et c'est le premier roman de D.R. Pollock après un recueil de nouvelles stupéfiantes et brutales que l'on ne saurait trop vous conseiller (Knockemstiff, paru sous nos latitudes aux éditions Buchet-Chastel en 2008). The devil narre les parcours entrecroisés de plusieurs tueurs en série entre la seconde guerre mondiale et l'Amérique des années 60. Autant dire que le choc entre une nation en pleine croissance, au faîte de sa gloire, et la sauvagerie mystique des bouseux exclus du Rêve sera douloureux. L'ouvrage devrait, selon toute vraisemblance, faire son apparition en France courant 2012, toujours chez Buchet-Chastel. Espérons que la traduction sera à la hauteur de la déflagration monstrueuse éprouvée dans la version originale.

" Aussi fâcheux que cela puisse paraître, les hommes s'occupent de tuer, les femme de souffrir. [...] Seule la présence de la mort pouvait le rapprocher du divin. "

D.R. Pollock - The devil all the time - Doubleday - 2011.

Par Antoine Chainas
Mercredi 20 juillet 2011 3 20 /07 /Juil /2011 21:17

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Où les insectes ne sont pas ceux qu'on croit...

La belle mort : titre d'une bande-dessinée sortie le mois dernier et commise par un petit génie de vingt-quatre piges. Coup d'essai, coup de maître. Entre introspection et post-apo Cronenbergienne, un roman graphique poétique et délicieusement contemplatif. On attend la prochaine collaboration de Mathieu Bablet à Doggybags, toujours aux éditions Ankama dans la collection Label 619 dirigée par Run, avec impatience.

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Où les zombies ne sont pas ceux qu'on croit...

Dissociation cognitive, désorientation exacerbée, chronologie fluctuante, mauvais goût assumé, humour ravageur ; bref, tout pour plaire. Si vous avez des enfants ou une grand-mère atteinte d'insuffisance cardiaque, éloignez-les le temps de la bande-annonce : ça tache.

 

Où le diable n'est pas celui qu'on croit...

Cette semaine, sur les écrans de l'hexagone, déboule aussi la sensation de Gerardmer 2011 : I saw the devil. Kim Jee-Woon, très attendu, signe là un film d'une beauté formelle presque terrifiante. Les interprétations croisées de Byung-hun Lee et de Min-sik Choi, magistrales, servent parfaitement la mise en scène à l'avenant. Même si on se prend à rêver du chef d'œuvre absolu qu'aurait pu être I saw the devil avec vingt minutes de moins (sur cent quarante), on reste quand même abasourdi par la puissance de l'objet. La plongée au cœur de la violence et du plaisir sado-maso qui en découle est sans rémission possible. Éloignez les enfants et les grand-mères ici aussi.

 

Par Antoine Chainas
Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 08:00

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