Trois nouvellistes d'anticipation : excluons de ce terme l'aspect social (encore que...) et l'aspect psychologique (encore que !). Car c'est une affiliation à la hard science mais aussi le débordement de ce cadre qui caractérise ces auteurs. Ici, la technologie prolifère, submerge et pourtant, jamais, n'arrive à réduire l'humain. Le point commun étant - outre une stupéfiante maîtrise de la concision propre au format - le vertige intense qui saisit le lecteur ; l'effet de réel étant porté au paroxysme et surtout au paradoxal. Il n'est pas uniquement question - vous l'aurez deviné - de technologie, d'éthique et de science : il est aussi question, à travers ces nouvelles - genre éditorialement peu prisé en France  - d'explorer jusqu'aux frontières de l'indicible, la mise en récit de l'homme, son essence et ses limites toujours dépassables. Ni cyber-punk ni transhumaines, ces oeuvres échappent au registre de l'idéologie ou, pire, de la critique sociale (utopie pour le transhumanisme et contre-utopie pour le cyber-punk) afin de trouver leur place dans un champ à peine effleuré chez nous : celui de la prospective technologique poussée dans ses retranchements ultimes.
Ils sont trois, ils sont beaux, ils sentaient bon... Enfin bref, ils ont révolutionné, chacun à leur manière, un genre jusque-là extrêmement codifié en parasitant - et on en revient ici au sens étymologique du terme : celui que l'on n'aurait jamais dû perdre de vue - la fiction par la science. Sans doute une des formes de subversion les plus sous-exploitées en littérature. Mais pas pour tout le monde.

Le plus sensible
Un tireur d'élite de quinze ans, capable d'exploser la tête d'un contestataire à huit cents mètres, mais terrorisé à l'idée de déclarer sa flamme à une jeune fille ; une virée de malades du cancer dernier stade dans un bar de rencontres ringard ou la renaissance par la maladie ; un petite famille américaine, propriétaire d'un magasin de locations de gilets pare-balles menacé par la ruine, dont la fille découvre qu'en matière de hasard, les probabilités d'un impact de balle deux fois au même endroit son quasi-nulles, un ex-flic fatigué reconverti en gardien de zoo chargé d'y éliminer les bêtes surnuméraires et, accessoirement, son propre fils... Protégé de George Saunders (ceux qui auront lu les époustouflants recueils Pastoralia ou Grandeur et Décadence d'un Parc d'Attractions - Gallimard, La Noire, 2004 et 2001 - ne seront pas si surpris que cela), Adam Johnson reste le plus à fleur de peau des trois. Les neuf histoires qui composent Emporium (Denoël, Lunes d'Encre, 2005), si elle dévoilent avec maestria un réel possible encore plus authentique que la vraie vie, si elles distillent leur subversion avec goût et raffinement (la maladie est bonne, elle vous rend vivant, faites-vous tirer un projectile de gros calibre en pleine poitrine, ça n'arrivera pas deux fois, avec la perte vient la liberté...) demeurent hautement bouleversantes. Heartbreaking, disent les Anglais.

 

Le plus vertigineux
Des hommes qui s’injectent des puces désinhibitrices pour tuer l’assassin de leur épouse, la dématérialisation de celui qui a pris une balle dans la tête, des drogues qui concrétisent au sens propre la théorie des probabilités, des perroquets génétiquement modifiés qui jouent En attendant Godot, des milliardaires qui élaborant des chimères, mi-hommes mi-animaux, pour assouvir leurs pulsions, des femmes qui accueillent dans leur ventre le cerveau de leur mari le temps de reconstruire leur corps... En dix-huit nouvelles - offertes au public français grâce à la pugnacité et au courage d'Olivier Girard (éditeur aussi et entre autres de Thierry Di Rollo, Lucius Shepard ou Claude Ecken ) ainsi que de l'équipe Quarante-Deux - l'australien Greg Egan, un des auteurs contemporains les plus passionnants en matière d'anticipation - et sans doute le plus connu des trois -, démonte, remonte, met en perspective et désassemble la réalité telle que nous la connaissons. L'inlix (le vertige) est immense, abyssal. Pas sûr, une fois le bouquin refermé, de pouvoir remettre les pieds sur terre.

Le plus cérébral
Le mythe de la tour de Babel et celui du golem  revisités, un homme plongé dans un long coma, traité à l'aide d'un produit qui reconstitue les tissus de son cerveau, développe son intelligence de manière phénoménale et modifie sa perception du monde - de même que la nôtre -, une mathématicienne de génie, obsédée par la démonstration de la nature profondément illogique de la construction euclidienne qui fonde toute civilisation, sombre peu à peu dans la folie, une jeune linguiste raconte le futur - ou le passé ? - de l'humanité avec une race extraterrestre, le commutateur d'une machine capable de s'allumer une fraction de seconde avant que vous appuyiez, quel que soit votre choix, déclenche une épidémie de dépressions parmi la population... Mathématicien et informaticien, Ted Chiang est un auteur aussi rare (il publie très peu) qu'adulé (ses nouvelles ont reçu un tombereau de prix prestigieux). C'est sans doute le plus cérébral de nos trois lascars : l'aspect démonstratif, implacablement logique des huit récits qui composent La Tour de Babylone (encore Lunes d'Encre en 2006, merci Gilles Dumay)  est prépondérant, mais il est mené avec une telle clarté, un tel savoir-faire, qu'il est difficile de résister à la dimension à la fois hypnotique et étrangement stimulante d'une telle démarche.



En conclusion, nous dirons qu'à de rares exceptions près  - je pense par exemple à Claude Ecken pour son très attachant Le Monde Tous Droits Réservés  (Le Bélial', 2005) -, nous attendons toujours, dans le domaine de la nouvelle, sur la planète France, celui qui sera capable de replacer avec autant d'ambition (et surtout avec les moyens éditoriaux de ces dernières) la science au centre de la fiction.
Celui qui, à la conjonction de ces deux pôles, fera oeuvre de perversus : perversion et renversement.
Celui qui, avec les outils d'aujourd'hui et de demain, saura paradoxalement renouer avec l'état originel.
Celui qui sera à même, pour paraphraser Ballard, de ramener le futur à cinq minutes d'ici.

Par Antoine Chainas
Mardi 3 février 2009

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"Ce livre est dédié,
en témoignage d'affectueuse sympathie,
aux milliers d'anonymes
qui savent
et se taisent."


"L'avocat de la défense toucha la main de son client,
Puis se leva lentement, face au jury.
Il n'hésita qu'une seconde avant de parler.
Je ne demande pas justice pour le prévenu,
mais compassion."











Voilà, c'est la dédicace et l'exergue de La Geôle, d'Hubert Selby Jr, et tout est dit.
Immense, monumental roman de la haine brute jetée en 1971 à la gueule de milliers de lecteurs confortablement installés dans leur canapé d'angle Baron Grand Luxe en cuir de buffle acheté à crédit de 4,5% sur cinq ans.
Une oeuvre que l'auteur lui-même - à l'instar de ces milliers de lecteurs dont la vie fut irrémédiablement bouleversée - mettra des années avant de pouvoir relire.
L'histoire est simple, terrible,d'une limpidité exemplaire. Un homme. Enfermé. Nul ne sait pourquoi. On ignore tout de son innocence ou de sa culpabilité supposée. Mais il est enfermé. Alors, allongé, calmement, il ferme les yeux. Et se met à gamberger...
Conseillé à ceux qui veulent voir à quoi ressemblent trois cents pages de venin pur (la nausée est dévastatrice parce qu'elle découle de la compassion, justement). A ceux qui veulent être marqué au fer rouge, à ceux qui veulent côtoyer la folie intime, ultime, à ceux qui sauront tout du néant qui lui succède.
Les autres iront au prochain salon de l'auto et continueront à remplir leur grille de tiercé hebdomadaire comme d'habitude.
Par Antoine Chainas
Lundi 2 février 2009

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Publié dans : polar
Sur le blog sympatoche et très sincère de l'ami Fabien, Art de Lire, il est loisible de lire une petite chronique de bibi que j'espère tout aussi sympatoche et sincère du splendide ouvrage de Bruce Benderson : Toxico. Je n'en dis pas plus : c'est ici.
Par Antoine Chainas
Vendredi 30 janvier 2009

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Par ici, on aime beaucoup le blog que Thierry Marignac tient depuis un bon moment : foutraque, engagé, enragé, underground et définitivement littéraire. Régulièrement, l'écrivain-traducteur laisse une petite place au chaud dans ses colonnes à l'intention des auteurs à la recherche d'un hébergement d'urgence. Jugez un peu : Kriss Vilà, Carl Watson, Jérôme Leroy, Kira Sapguir, Alfred Dogbé, Limonov... Autant de noms prestigieux et rares qui collaborent plus ou moins régulièrement et avec une énergie communicative à ce blog unique - en tout cas à mon sens. Au fil du temps - c'est là le tour de force -, une sorte de nébuleuse se crée : entre émulation et indépendance inflexible. Aujourd'hui, c'est moi qui m'y colle. Et avec quel plaisir !  Vous pouvez donc lire dès à présent, si le coeur vous en dit, une petite nouvelle intitulée Variable d'Ajustement. Pour savoir de quoi ça parle (la photo est-elle un indice ? Hum...), c'est ici.
Bonne lecture.

P.S : Le dernier roman de Thierry Marignac - Renegade Boxing Club - vient de sortir aux éditions Gallimard, collection Série Noire. Pour ceux qui sont d'un naturel timoré, il est possible de consulter une superbe vitrine consacrée à l'ouvrage avant d'aller l'acheter et de s'y jeter corps et âme.
Par Antoine Chainas
Mercredi 28 janvier 2009

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Publié dans : polar

Quelques petites babioles juste pour s'amuser...




















Et en avril 2017 :





















Puis avril 2025 :

Par Antoine Chainas
Mardi 27 janvier 2009

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Séquence intimiste : un petit film de famille retrouvé avec émotion dans la cave de ma grand-mère. Une exclusivité Zymansky rien que pour vous, chers visiteurs. La mise à nu fragile et tendre d'un futur artiste sur le fil. Ah, ces vacances sur la plage d'Arcachon en compagnie de mon oncle Francis, au temps bénit de l'insouciance et de l'infinité des possibles. En toute indécence...

Oh shit, I'v got a headrush...

Par Antoine Chainas
Mardi 27 janvier 2009

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Quelques notes concernant mes pérégrinations bloguesques :
Après la suppression révoltante du très intéressant blog d'un Journaliste au Chômage, on m'informe de la disparition soudaine, choquante, bouleversante de celui des Moissonneuses : blog bicéphalo-fétichisto-déjanto-crypto-communisto-littéraire de la plus haute tenue rhétorique qui a eu, parmi moult faits de gloire, le mérite lu et approuvé de parler de l'hybride, du fuck et des books, de Ballard, de Charles Platt, de la collection Gore Fleuve Noir, de L'insurrection qui Vient, de Versus, de Marignac, des éditions Moisson Rouge, des scopitones,  de Baudrillard, de Barthes ou même Drieu, voire Sarah Palin. Adieu, donc, veaux, vaches, cochons et êtres humains qui sont souvent les mêmes. Même s'il fait un temps de chiottes par ici et qu'on y voit que dalle, j'ai décidé de porter des lunettes noires pendant une semaine en signe de deuil.
- Eh, attends, mec, enlève tes lunettes, t'as l'air con comme ça : tu connais pas la meilleure ?
On me signale l'arrivée d'un nouveau blog, tenu cette fois uniquement par Jérôme Leroy : ça s'appelle Feu sur le Quartier Général et c'est une excroissance du premier : on va retrouver tout ce qu'on aime. Un peu de mauvaise foi et beaucoup de lucidité, des larmes et du sang, du Lexomil à gogo, des femmes qui font la révolution à poil, et surtout, surtout, une réflexion sur la société, une réflexion sur les livres et l'acte de lecture au sein même de cette dernière, le tout pas piqué des hannetons et assaisonné au poivre rouge et au gros sel.
- C'est le tableau, mec : sur Internet, un qui crève, dix qui naissent, mais rien n'a d'importance. C'est du virtuel. Du vir-tu-el ! Allez, enlève tes lunettes, je t'assure, t'as vraiment l'air d'un con.
Bon, j'enlève mes lunettes... Tiens, en plus je vois ce que j'écris maintenant. Je pointe alors l'excellent blog - entre processus d'écriture et dancefloor technoïde - de l'écrivain aux lunettes jaunes (moins con que mes lunettes noires, indubitablement) : Laurent Fétis, auteur entre autres de La Cervelle Contre les Murs (Gore Fleuve Noir), Le Mal du Double-Bang et Innocent X (Série Noire) ou Lit de Béton (Baleine), dont nous ne louerons jamais assez les vertus thérapeutiques pour lecteurs victimes de prise d'otages littéraire en cure post-syndrome de Stockholm.
Et de même, celui, très éclairant et tout aussi stimulant, de Claro, l'homme qui traduisait plus vite que son ombre. Sur notre sol dont les sillons sont abreuvés, il est, en sus d'être (bon) écrivain lui-même et de diriger le Lot 49 pour le Cherche-Midi, le défenseur acharné et bienvenu de Pychon, Vollmann, Wallace ou Evenson. Rien que ça.
Enfin, je porte à votre connaissance l'éblouissant site dédié au dernier opus de Grégoire Hervier : Zen City, paru au Diable Vauvert. Pour les inquiets, je signale qu'il n'est nullement (ou très partiellement alors) nécessaire d'avoir lu l'ouvrage pour picorer, çà et là, de capitales informations sur l'omniprésence du contrôle de masse - notamment via l'usage intensif des puces RFID - qui nous attend demain et que, cerise sur le billot, nous accepterons, acceptons, avons déjà commencé à accepter sans broncher. Un site (et un roman) qu'il vous faut compulser illico sous peine de passer pour un con auprès de tous vos amis. Surtout si vous gardez les lunettes noires.
Par Antoine Chainas
Lundi 26 janvier 2009

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Après avoir fait un petit clin d'oeil au cut up, au collage ballardien et au logiciel paradigmatique, après avoir testé les parataxes mécaniques, après avoir laissé de côté, à dessein, les expérimentations bretonniennes et autres attentats poétiques à la Prévert, continuons aujourd'hui notre exploration des syntagmes-machines grâce à un outil très intéressant. Ça s'appelle Slogaanizer, c'est gratuit, et, ma foi, les possibilités offertes sont assez intrigantes. Il s'agit, vous l'aurez deviné, d'un générateur automatique de slogans publicitaires. Il suffit d'entrer un mot-clef et hop : une accroche. La novlangue dans toute sa splendeur.
Dès lors, on se retrouve avec, au choix : des messages sans aucun intérêt, des titres d'ouvrages hypothétiques qui claquent bien, des signatures poétiques déroutantes, quelques saillies burlesques, voire, si les mots choisis ont un écho assez fort, avec des messages à haute toxicité ajoutée.
En panne d'inspiration ? A la recherche d'un angle d'attaque ? N'hésitez pas : piochez, piochez, il en restera toujours quelque chose.
Pour plus de compréhension, j'ai souligné les occurrences sélectionnées.
Test. Top départ.

I'm a slave for Zymansky.
Chainas, ça c'est fort de fruits.
Gallimard forever.
Hip hip hip ! Série Noire !
C'est à l'ordinateur de comprendre l'écrivain.
Tous accros à la littérature.
Gore
fait la force.
Porno, pour un meilleur futur.
Anticipation, conçue pour faire la différence.
On a tous quelque chose en nous de polar.
Le genre,
c'est beau la vie, pour les grands et les petits.
Populaire - yabba dabba duh !
Une envie, un délice, un Selby.
Bukowski,
fallait pas l'inventer.
Voulez-vous coucher avec Peace ce soir ?
Le roman court plus vite que son ombre.
Ledun, un autre monde est possible.
Il est fou, Di Rollo, il est fou !
Leroy, la force !
Ne vous battez pas pour Marignac.
Hello Férey !
Ballard est en nous.
Tout le monde se lève pour Burroughs.
Versus.
Un nom. Une légende.
Avec Anaisthêsia, je positive.
Plutôt mourir que de perdre Casanova.
Heureux comme un travail dans l'eau.
Oh mon Dieu ! C'est de l'information !
La politique vaut de l'or.
La vie, la vraie, la marge.
Système,
et les idées prennent vie.
La déviance est un océan où tu n'as pas mis les pieds.
Refaire le monde avec l'humain, ça na pas de prix.
Paraphilie, connecting people.
Have a break, have a novlangue.
C'est tous les jours la fête, avec la contre-culture.
Chaque jour, l'underground entreprend pour la santé.
Industrie. Ca change l'école.
Être jeune, avoir du fun, tester le fouet.
Médias.
Voir plus. Faire plus.
Jésus aime l'AK 47.
Demain sera beau, demain sera bio, demain sera drogue.
Il y a certaines choses qui ne s'achètent pas. Pour le reste, il y a le rock'n roll.
Cette sensation s'appelle meurtre.
Suicide
: plutôt mourir.
Elle a quelque chose de plus. Et si c'était l'assassinat ?
Profusion, oh oui.
Publicité, just do it.
La place du marketing est au sommet.
Le contrôle est en toi.
Propagation : magique.
Kontamination : le pays où la vie est moins chère.
Ce n'est pas un rêve. L'addiction est réelle.
Et un dérèglement, un !
Ça fait mal de vivre sans sexe.
Subversion,
et ça repart !
Violence, l'imagination au pouvoir.
One world, one dream, one trash.
Le cliché se cuisine tous les jours.
Contestation : personne ne peut la stopper.
Le commerce, c'est le pied.
Servitude : c'est tout ce que j'aime.
Manipulation : un avant-goût de paradis.
Voir le monde avec paranoïa.
Brute épaisse
: your business partner every day.
Haine : l'impossible n'est rien.
Argent président !
La morsure est ce que le monde attendait.
Oh là là, consensus.
La destruction de masse
est un don naturel. Cultivons-la.
La peur ne dort jamais.

 


Par Antoine Chainas
Mardi 20 janvier 2009

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Publié dans : Anaisthêsia
Derrière les murs bétonnés, juste à côté de la colonne porte-tube, ils se déshabillèrent. Le silence n'était troublé que par le doux ronronnement de l'amplificateur de brillance.
En attente.

Une heure avant, ils avaient ingéré le baryum en solution buvable diluée à soixante et onze pour cent, n'éprouvant, juste après la déglutition, qu'une sensation de brûlure diffuse sur la langue. Comme lorsque la maldodextrine des hosties s'incrustait aux pourtours des papilles.

Ils s'allongèrent sur la table de radiologie FPF conforme aux recommandations de la Société Française d'Imagerie et approuvée par le Conseil des Enseignants, la Fédération Nationale ainsi que le Syndicat des Hospitaliers Radiologues.
Le contact de leur peau sur les paravents plombés aux normes Euratom 97/43 était froid. Vivifiant, en un certain sens.

Le ronronnement de l'amplificateur s'accentua jusqu'à ce que la pulsation atteigne la vitesse de croisière de 1,2 Roentgen/minute et produise un léger sifflement rappelant celui d'un ascenseur. Dans le cas présent, il était impossible de savoir s'il montait ou descendait.

Sous les arceaux isocentriques, le corps bombardé par plusieurs dizaines de méga-électrons-volts, ils firent l'amour.
Par Antoine Chainas
Samedi 17 janvier 2009

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"Je suis un appareil d'enregistrement...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


... je ne suis pas un amuseur public."

Par Antoine Chainas
Jeudi 15 janvier 2009

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