Mon logiciel d'écriture automatique est presque au point. Bientôt, il me remplacera. Très bientôt. Voici un aperçu :

je ai fait rentrer un chien nouveau a le intérieur il avait froid il faisait froid dehors un gros chien avec un faux piercing a la oreille il a pas de nom je le ai appelé bukowski mais je crois il est juste chien il est jaune comme patricia depuis que il est là elle a mal aux seins aux hanches dans le ventre matrice chauve chaque fois que il approche elle lui souffle sa bouche dessus ses lèvres fendues ou s'enfuit quand elle peut ils se regardent durant des heures sans rien dire à quelques centimètres de distance ses lèvres fendues il parle tout le temps il gémit elle je ne sais pas le matin à la maison ça murmure ça chante ça vibre en général ça finit en pugilat je les regarde communiquer de chaque côté de la table mais ils ne disent rien deux bouts de viande séparés par la théorie il serait peut-être temps que je fasse quelque chose hier soir un fou psychopathe il avait massacré des gens à la hache il se est échappé de un hôpital ce était folie tout le monde parlait je ai passé la soirée avec des amis tout le monde parlait folie et puis je suis rentré le vent était froid il soufflait fort dans une longue pente je me suis mis à courir au milieu de la route poussé par le souffle je me suis presque envolé mon corps sur un ballon de vide tenu en place par une sorte de magnétisme mes baskets ont quitté le sol je ai parcouru la ville en apesanteur quand je ai atterri la rue était silencieuse il y avait personne la force des éclairages était rouge je ne entendais plus le vent ni ma respiration je ne ai pas de hache je ne fuis pas je essaye de voler en ratant le sol je me frappe je rebondis je perds la lumière je perds mon chien je ne ai pas de hache je ne fuis pas je ne suis pas fou psychopathe je ne massacre pas les gens je ne ai pas de hache je essaye juste de rester en vie

Par Antoine Chainas
Jeudi 8 janvier 2009

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Publié dans : polar

Écrivain X modèle standard numéro de série 9800#2 passa la tête par l'entrebâillement.

Il n'avait pas dormi depuis 2016.

D'abord, il ne reconnut pas l'homme assis au bout de la pièce.

Écrivain X modèle standard numéro de série 9800#2 plissa les yeux. Il y avait longtemps que les spansules en administration sublinguale cinq milligrammes de dex, qu'il gobait comme des friandises à un rythme bien supérieur à celui préconisé par la Médecine d'Etat du Ministère du Rendement Littéraire, ne l'aidaient plus. Il frissonna. Tendit le visage en avant, cherchant à accommoder sa vision au plus juste.

Lentement, les traits de l'homme se firent plus nets. Ils prirent, au centre du visage oblitéré par les légendaires bésicles noires, leur place naturelle. Celle qu'ils n'auraient jamais dû quitter. Ainsi, c'était vrai : il était encore là. Le bruit courait depuis quelque temps qu'ils étaient de plus en plus nombreux à être remplacés par des logiciels alignant paradigmes et syntagmes bien plus vite et avec beaucoup plus d'inspiration que n'importe quel organisme pensant. Paradigmes et syntagmes : la littérature se résumait désormais à cette simple équation d'intégration verticale / horizontale. Et puis les logiciels ne tombaient jamais malades. Ils n'avaient pas de pensées subversives, la notion d'interrogation leur était étrangère. Ils n'avaient jamais envie de faire passer des idées périphériques ou de tout envoyer balader. Ils n'avaient jamais envie de se tirer une balle dans la tête. Mais si ce que lui disaient ses yeux était vrai, si l'homme qui se tenait en face de lui n'était pas une hallucination due aux méthamphétamines, à la pression croissante du Bureau de Production Éditoriale et au manque de sommeil, alors il était possible que cette rumeur fût une manoeuvre d'intoxication des Terroristes Sémantiques. Rien de plus.

En légère instabilité, Écrivain X modèle standard numéro de série 9800#2 appela d'une voix rauque, asséchée ; une voix qui n'avait plus rien d'humain et qui prononçait des mots qui ne lui appartenaient pas :

- Maurice ? Maurice G. Dantec ?

Par Antoine Chainas
Lundi 5 janvier 2009

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Publié dans : nouvelle/poésie
...ans ma rue les hommes tombent à un mètre de l'arrivée des mouches sur les paupières dans ma rue les filles fondent comme des icônes glacées stars muettes et sans ombre dans ma rue y a des chats noirs et des échelles attention les poisseux se ramassent à la pelle dans ma rue y a des gens pieux et des églises des vieilles qui penchent genre tour de Pise dans ma rue y a du sang beige et de la neige ne pas glisser sous les cortèges dans ma rue les antennes plient parfois les matches de foot ne passent pas dans ma rue les petits garçons ont le teint pâle ils brillent la nuit sous les étoiles dans ma rue les vierges sont sans pieds sans mains sans destin elles ne font que passer dans ma rue baisse la tête les hélicos volent bas et y a des bas qui blessent dans ma rue s'il te plaît dis merci à la dame celle qui ne sourit pas lorsque les anges planent dans ma rue y a parfois des élans de tendresse à l'heure de la messe dans ma rue à chaque pas y a des oiseaux qui s'envolent dans le ciel où tracent des avions de combat dans ma rue à chaque pas un tremblement de terre ou quelqu'un qu'on enterre dans ma rue les supermarchés sont pleins de codes-barres à déchiffrer de clients mécontents et de caissières cassées dans ma rue les hommes sont armés sous leur manteau et sous leur peau travaillent les asticots dans ma rue y a des flammes et des trombes d'eau à perdre haleine dans ma rue y a des larmes faites de cobalt et de cristal papa est un type très normal dans ma rue quand il fait chaud fermez les fenêtres tournez le dos la cerise est sur le couteau dans ma rue tout fait froid à l'échine sur les bras la fièvre est là en contrebas dans ma rue y a des tonnes de rêves qui meurent sur le trottoir dans les caniveaux où coule l'or de nos veines de nos cervea...
Par Antoine Chainas
Mardi 30 décembre 2008

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Le Genre est-il soluble dans les collections Blanches ?
Chainas, toujours corporate, parce que c'est du bon, du lourd, du déjanté et du populaire totalement assumé, affirme que, dans le cas présent, c'est-à-dire chez Gallimard, à la collection Du Monde Entier, oui. Accrochez-vous, les aminches amoureux des belles lettres qui tachent : cinq cents pages de nouvelles avec des zombies, des éléphants assassins, des canaris nazis, des toxicos zéros et des mégalodons en pagaille. Cinq cents pages inégales, foutraques, géniales de série B, Z, tout sauf A. Cinq cents pages d'horreur pure, de fantasy surréaliste, de drame psychologique, de steampunk, de cyberpunk... N'en jetez plus : que demande le peuple ? Cinq cents pages avec : Stephen King, Michael Crichton, Michael Moorcock, Jim Shepard, Nich Hornby, Neil Gaiman (yes), Rick Moody (yess), Chris Offutt (yesss !)... Les connaisseurs apprécieront. Cinq cents pages tirées du catalogue Mc Sweeney's (découvreurs, entre autres et ce n'est pas rien, de David Foster Wallace, George Saunders ou Joyce Carol Oates, et plus ou moins affiliés au New-York Times) par Dave Eggers et Michael Chabon pour la France. Cinq cents pages passées un peu inaperçues au moment de leur publication. Il est temps de réparer cette injustice, sapristi !  Et en plus, c'est traduit par Laurence Viallet.


















McSweeney's : Méga-anthologie d'histoires effroyables, édition de Michael Chabon, Gallimard, octobre 2008. 512 pages. 26 euros.

Par Antoine Chainas
Lundi 29 décembre 2008

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2009 se profile et...
Certains espèrent. D'autres redoutent... Quelques-uns s'en foutent.

















Une seule chose à faire avant l'apocalypse : baiser.




"Ce modèle, en plaqué or 18 carats, est un sublime objet et à la différence des autres, vos sensations se trouveront décuplées par le contact avec le froid du métal (mis cinq minutes au réfrigérateur avant utilisation) ou sa chaleur (chauffé cinq minutes au four avant utilisation). Prix : 1700 euros.

Pile AAA fournie."








Ou laisser crever.


"Plus de 340 SDF sont morts en 2008. Soit près d’un sans-abri décédé par jour. Le collectif Morts de la rue précise qu’il ne s’agit que d’une estimation."


 

 

 

 

 

 

 


Bonne fin d'année 2008.

Par Antoine Chainas
Samedi 27 décembre 2008

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Publié dans : Anaisthêsia

En attendant la véritable couverture d'Anaisthêsia, que je n'ai pas encore le droit de communiquer (mais ça ne saurait tarder), voici deux ou trois petites choses absolument fausses confectionnées de manière tout à fait artisanale. Elles parleront peut-être plus qu'un long discours. Peut-être moins...































































Anaisthêsia : une suite de mots écrits par Antoine Chainas, mis sous forme de phrases à la Série Noire et assemblés comme un roman chez Gallimard.  Livrables en lot intégral pour avril 2009.

Par Antoine Chainas
Jeudi 25 décembre 2008

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Publié dans : Versus

Dans notre série "les coulisses enchanteresses du monde de l'édition", voici, en avant-première, la quatrième de couverture prévue pour la sortie chez Folio Policier de Versus.
Vous avez d'abord la première version rédigée par la maison d'édition. Puis celle modifiée par mes soins. Ce n'est certes pas du grand art mais cela fait partie du turbin invisible et méconnu de l'écrivain (non moins invisible et méconnu).  Les amateurs du jeu des sept erreurs saisiront prestement cette occasion unique, inespérée, de comparer et de relever les changements subtils qui peuvent intervenir sur un texte afin de l'orienter ou le réorienter au plus juste. Les autres iront faire un match de tennis ou une sieste, ce qui est tout aussi scandaleusement improductif.







4 ème de couverture

Folio policier – avril 2009

 

Antoine Chainas

Versus (version éditeur).

Si le major Paul Nazutti n’a pas la réputation d’être un tendre, c’est qu’il est en guerre. En guerre contre les tueurs d’enfants, les pervers, les hommes, les femmes, les hétéros, les bi, les noirs, les français, les chômeurs, les cadres, les divorcés, les couples heureux, ceux qui savent tout et les autres qui ignorent le reste… En guerre contre le monde entier et dans n’importe quel ordre : une guerre totale menée par un esprit radical sans limites. Combien de temps peut-on vivre dans un tel flot de rage ? Nazutti, responsable de la brigade des mineurs, visage carré, regard franc scotche tous ceux qui le croisent. En a-t-il trop vu ? Trop fait ? Il sait qu’il ne laissera qu’une trace dans les statistiques et n’a que faire de la rédemption. Un énième tueur croise sa route. Ce dernier abat des pédophiles et les enterre auprès du corps de leur dernière victime. D’étranges poèmes accompagnent ces mises en scène. Nazutti connaît. Nazutti souffre. Il entre dans la danse comme un monstre féroce sorti de son formol…

 


Version modifiée

Versus

Si le major Paul Nazutti n’a pas la réputation d’être un tendre, c’est qu’il est en guerre. En guerre contre les tueurs d’enfants, les pervers, les hommes, les femmes, les hétéros, les homos, les syndicalistes, les noirs, les chômeurs, les touristes, les cadres, ceux qui savent tout et les autres… En guerre contre le monde entier : une guerre totale menée par un esprit radical sans limites. Combien de temps peut-on vivre dans un tel flot de rage ? Nazutti, responsable de la brigade des mineurs, visage carré, regard franc, révulse et fascine tous ceux qui le croisent. En a-t-il trop vu ? Trop fait ? Il sait qu’il ne laissera qu’une trace dans les statistiques et n’a que faire de la rédemption. Un énième tueur croise sa route. Ce dernier abat des pédophiles et les enterre auprès du corps de leur dernière victime. D’étranges poèmes accompagnent ces mises en scène. Nazutti connaît. Nazutti souffre. Le fauve est lâché…

 

 

Par Antoine Chainas
Mardi 23 décembre 2008

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Publié dans : polar

Watch out, you people ! Les mois de janvier / février 2009 seront Marignac ou ne seront pas.
L'auteur himself me signale fort à propos un petit site dédié à son dernier opus, le très attendu Renegade Boxing Club, qui sortira le 15 janvier à la Série Noire. Marignac qui se met aux teasers ? Ben ouais, et avec quelle maestria !
On peut d'ores et déjà y lire d'alléchants extraits du roman. Ainsi que les commentaires des premiers lecteurs (les veinards !) appartenant à la Marignac constellation : Jerry Stahl (A Poil en Civil, Fatty...) et Carl Watson (Hôtel des Actes Irrévocables, Sous l'Empire des Oiseaux), excusez du peu.

J'y reviendrai évidemment, d'autant plus qu'en ce moment, après avoir lu le poignant et crépusculaire Toxico, de Benderson (éditions Rivages - Traduction Marignac), je suis plongé dans Fasciste qui est 'achement, 'achement bien. Tout cela très bientôt, donc.











En outre, le 22 janvier, Moisson Rouge a l'excellente idée de rééditer (avec préface du renégat) Rasta Gang, de Phillip Baker (originellement Blood Posse) : un grand roman sur la guerre des gangs dans les années 70 entre rastas et noirs américains.
Enfin, le mois suivant sortiront deux nouvelles trad' du maître à la Série Noire : Ken Bruen pour Cauchemar Américain (American Skin, en anglais) et Charlie Williams pour Le Roi du Macadam (King of the Road...) : deux auteurs que nous apprécions particulièrement par ici, et le mot est faible.
Bien entendu, je vous reparlerai de ces ouvrages en temps et en heure. Corporatiste, Chainas ? Quand c'est du bon, quand il s'agit de mecs comme Marignac, Bruen, Williams, j'en passe et des meilleurs, pourquoi pas ? Assumons, foutons les pieds dans le plat et faisons-nous les lécher par un labrador sous méthédrine.

Par Antoine Chainas
Lundi 22 décembre 2008

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Peuple de rats

Le monde est un garde-manger

Ouvert à vous pour y bâfrer.

Robert Browning.


Aujourd'hui, je vais vous parler d'un outil formidable qui est appelé, dans les années à venir, à dicter, par un effet de synergie, la thématique des médias alternatifs type internet, puis, par extension - quand les mass-médias auront compris tout l'intérêt de l'objet (ils sont toujours très lents à la détente : c'est sans doute leur principale qualité) - des supports traditionnels. Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas encore, il s'agit de Google Trends, décrit par la firme californienne comme un "outil d'analyse des tendances de recherche [qui] permet de savoir si une expression est souvent tapée sur Google, s'il y a des variations saisonnières, etc. On peut même comparer plusieurs expressions sur le même graphique."
Alors, moi, vous me connaissez, comme dirait San-A (même pas la peine de taper l'occurrence sur le moteur de recherche, il me dira que c'est pas valide), j'ai voulu tenter une petite expérience :
Prenons cinq termes totalement au hasard (pas de procès d'intention, je vous prie) et laissons notre trendy ami établir un petit comparatif sur les quatre dernières années pour la France :
- Littérature : en bleu, tout en bas du graphique (si, si, regardez bien).
- Écrivain : en rouge, encore plus bas sur le graphique (si, si, c'est possible).
- Football, en jaune (plus haut, bien plus haut).
- Voiture, en bleu (encore plus haut et sans variation).
- Et Sexe, en vert (qui tutoie les cimes. Allez, levez les yeux).





















Voilà, l'instantané est sans appel. Le portrait esquissé se passe de commentaire. C'est la France, c'est aujourd'hui et c'est juste à côté de chez vous. Voire directement sur votre écran.
Signalons simplement pour finir que, demain, des statistiques plus pointues, heure par heure, avec top 10 des recherches les plus formulées (service déjà accessible aux E.U), seront disponibles pour l'hexagone. Les publiciaires se frottent les mains, puis les sites importants affiliés aux grands groupes, puis, les plus petits, jusqu'au blogueur insignifiant : il y aura possibilité de définir ses articles, donc la hiérarchie de l'information, en fonction des termes les plus utilisés au jour le jour, et d'optimiser ainsi au maximum le nombre de visiteurs / spectateurs / auditeurs / lecteurs, donc la notoriété, donc la pub...
Cependant, avant que ce modus operandi du traitement se démocratise, nous pouvons par supposition dégager une tendance de fond. Immuable. Profonde et opaque. Pour peu que chacun s'y mette, il est d'ores et déjà possible de commencer un travail de sape et de planter un joyeux bordel. Que les badauds, tels les rats de Hamelin, soient détournés de l'obtention d'une satisfaction immédiate pour plonger dans le fleuve immense et tumultueux de la frustration éphémère. Répétez après moi : sexe, voiture, football, sexe, voiture, football...

Par Antoine Chainas
Dimanche 21 décembre 2008

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Publié dans : nouvelle/poésie








Payer.

Payer de son sang, sa merde, au cerveau, aux tripes, flamber lorsqu'il n'y a plus rien à flamber, payer, argent contant, corps défendant, payer, sur les nerfs et la sueur, crise de manque, tutoyer le diable, s'offrir, nu et payer, sucer sa queue, pomper le ciel, pupilles épinglées, lui apprendre à danser, payer de ruptures, payer en brûlures, l'abrasion, la rognure, odeur d'essence, sur la peau, dans les os, en miettes, payer par devises, monnaie de singe, empalé, payer les yeux fermés, la gueule ouverte, ventre à terre, payer, payer, payer, avancer encore, accélérer, saigner, quatre veines, mettre ses couilles où il faut, trancher net, assez de mots, assez, payer, la virilité est ton dernier pouvoir

D'achat.

Par Antoine Chainas
Samedi 20 décembre 2008

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