Publié dans : polar

Le neuf octobre, dans les sous-sols de la maison Gallimard, chez les olibrius de la Série Noire, on sable le champagne, on se gave de chips et on finit la soirée en invitant quelques jolies jeunes filles avant de finir vautré sur la moquette, en coma dépassé, un chapeau multicolore sur la caboche et un sans-gêne au coin du bec. Pourquoi ? Eh bien parce que c'est le jour de la parution simultanée de deux ouvrages radicalement opposés mais chacun indispensable dans son genre.

Ken Bruen : l'humanité blessée

Le voilà, il arrive ; c'est le nouveau Ken Bruen. Je vous avais déjà résumé l'histoire ici, donc je ne vais pas me répéter. Sachez seulement que dans cette aventure, Jack Taylor, notre ex de la gardapréféré, va devoir faire face au mal qui découle du mal. Un prêtre pédophile est assassiné. L'enquête s'oriente, naturellement, vers ses anciennes victimes. L'occasion, pour Ken Bruen, de brosser une galerie de portraits poignants sans jamais verser dans le pathos. Des êtres broyés, qui ne se cherchent aucune excuse et questionnent, par là-même, l'éthique (éthylique ?)  de ce bon vieux Jack, tout juste sorti de son enfer personnel : un asile de fou où il a séjourné à la suite de la mort accidentelle d'une petite fille dont il avait la garde. La psychologie du détective se nuance : il se fait plus sensible, moins brutal sans doute. Il vieillit, comme nous tous, mais la désillusion, le désespoir sont toujours là.  Au fil de son enquête, et ce n'est, à mon sens, pas le moindre des intérêts du récit, Jack va croiser une foule de personnages : clodos, anciens amis à la dérive, prêtes défroqués, femmes vengeresses... L'empathie se fait plus prégnante. Jack est un grand sensible, ça, on le savait, mais ici, on monte d'un cran. Jack regarde (et nous avec), ceux qui l'approchent et ceux qu'il approche, avec une lame plantée dans le coeur. Pour eux, pour nous. Elle fait mal. Et la douleur nous dit que les bourreaux sont parfois, souvent, aussi des victimes. Une (en)quête au bord du gouffre, où la souffrance est assumée et où le salut n'existe pas. Malheur à ceux qui, comme Jack l'espace de quelques jours et d'une rencontre, y croient malgré eux. Voilà, c'est du Ken Bruen. Un écrivain vraiment attachant, qui construit, de livre en livre, une oeuvre ultranoire qui ne peut s'empêcher d'évoquer, voire d'invoquer la lumière.
A lire absolument.

Tiens ta langue, chienne

Le deuxième ouvrage publié est, comme je l'ai dit, radicalement différent, tant par la forme que par le fond. Il est signé Hervé Prudon (Tarzan malade, Nadine Mouque...), un grand styliste et un écrivain qui aime par dessus tout (se) jouer de la langue. D'ailleurs, ça s'appelle La Langue Chienneet autant dire qu'elle n'est pas dans la poche de Prudon. Elle serait plutôt sur les pages d'un livre éruptif, magnifique... et totalement gratuit (au sens figuré : n'essayez pas de sortir de la librairie sans payer l'ouvrage en disant que c'est moi qui vous ai refilé le tuyau, je décline toute responsabilité !). L'histoire est inracontable, donc je ne vais pas m'embêter. Disons que sur 345 pages, c'est un festival d'inventions langagières, de mots détournés, retournés, suicidés, un tourbillon d'allitérations et d'associations d'idées qui vous emmènera loin, très loin en terre étrangère. Ca siffle, ça gicle, ça part dans tous les sens et d'aucun diront à contresens de la littérature noire classique.
Un O.L.N.I. qui lèche là où ça fait du bien.
Un pur plaisir d'onaniste.
Personne derrière, personne devant.
Rien que vous face au déluge. A la mémoire, aux fantasmes. Au rêve. Slurp.

Par Antoine Chainas
Dimanche 28 septembre 2008

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Publié dans : Versus

On m'a souvent demandé, après la sortie de Versus, si sa rédaction m'avait marqué, si j'avais eu des séquelles... Voici, en forme de réponse, une lettre rétrospective que j'avais rédigée juste après avoir achevé ledit ouvrage. Je ne sais pas encore exactement pourquoi je l'ai écrite. En partie pour me purger de l'écriture chaotique et intense du pavé ? En partie pour clarifier mes idées et pouvoir passer à autre chose ? Un peu de tout cela, sans doute. Une sorte de point final. Ou d'introduction.
A la relecture, je la trouve agressive, arrogante. Elle porte en elle les miasmes de Versus qui tendaient dans mon esprit, lentement, à se dissiper. Elle a été conçue dans ces conditions et à ce moment précis qui font que je n'aurais sûrement pas écrit la même chose une semaine avant ou un mois après.
Cette lettre, je ne l'aime pas.
Mais elle dévoile, d'une certaine manière, le mécanisme. Elle éclaire, en négatif, la gestation, la digestion, l'assimilation.
Je vous en livre le contenu tel quel.

 

En mars 2006, je venais de terminer « Aime-Moi, Casanova » qu’Aurélien Masson avait eu le courage d’accepter au sein de l‘illustre Série Noire.
Je dis bien courage, car il fallait véritablement des couilles pour accepter ce modeste opuscule rempli de pus et de désespoir.
Des couilles pour accepter cette petite chose malformée et suintante qui, curieusement, fut rédigée durant une des périodes les plus heureuses de ma vie.
Des couilles pour foutre de l’argent dans un produit qui ne pactiserait ni avec le lecteur ni avec aucune forme de marchandisation.
Le truc invendable.
Et pourtant…
Je pense que l’esprit et la culture Rock and Roll que nous avions en commun avec Aurélien a participé de ce choix.
J’entends par Rock la version dite « adulte » : le pendant sombre et littéraire de Top of the Pops, l’envers du miroir. Alice au pays des Morts.
Lou Reed avait écrit avec une rare sensibilité sur les putes, les trans, les pédés, les camés, les obsédés, les marginaux. Il parlait de Delmore Schwartz et de Hubert Selby.
Hendrix chantait le mec qui veut tuer sa femme d’une balle dans la tête et il chantait le « brouillard pourpre », référence explicite à l’immense diptyque de « La Bête » par P.J. Farmer.
Nick Cave pointait ses méchantes « murder ballads » et s’extasiait devant la puissance évocatrice de Dylan Thomas.
Et puis il y avait Nick Cohn, Lester Bangs, Nick Kent… Des mecs bien, comme on dit.
J’avais déjà commencé la rédaction du roman suivant qui devait être consacré à la pédophilie et à la haine.
Aurélien m’a rendu visite et nous avons évoqué longuement les options possibles.
Il m’exposa à cette occasion sa vision de la déviance et des mécanismes de propagation qui m’intéressaient à l’époque.
Sotos, Balthus et les catalogues de VPC.
Nabokov, Sade et les réseaux Internet.
Gaspard Noé, Delany et les traitements curatifs en cliniques spécialisées.
Nous n’avons pas refait le monde, nous l’avons exploré, trituré, dévoyé.
Nous avons discuté de provocation et de transgression.
Nous avons discuté d’instrumentalisation et de marché.
Nous avons discuté de soufre et de moralité.
J’ai compris alors que le sujet du livre ne serait pas celui proposé.
J’ai compris que, volontairement, je passerai « à côté».
Il ne s’agit donc pas d’un livre sur la haine. Ou si peu.
Il ne s’agit pas d’un livre sur la pédophilie. Ou si peu.
Il ne s’agit même pas à proprement parler d’un polar.
Roman noir, éventuellement. Ultranoir.
Dans ce roman il y a le travail de la douleur.
Celui de la peur.
Il y a l’absence et le déni.
Il y a le rachat et son utopisme.
L’écrire m’a fait du mal. Comme le lire vous en fera peut-être.
Mais aujourd’hui je suis debout et vous l’avez entre les mains.
Aujourd’hui, je suis vivant et vous êtes morts.
Bonne lecture.

Nice, le 20 juin 2007.

Par Antoine Chainas
Jeudi 25 septembre 2008

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 Ce message s'adresse à tout les apprentis écrivains qui envoient leurs manuscrits par la Poste en espérant avoir plus de chance que de gagner au loto. Cinquante millions de perdants ont tenté leur chance.
Certains les appellent des wannabe, encore que j'abhorre ce terme. Ils sont à mon sens simplement des be, mais c'est une autre histoire.

Consensus or not consensus

Bon, au départ, la démarche a l'air simple : il suffit de poser son cul sur une chaise, un an, deux ans, dix, qu'importe, d'écrire son putain de roman, l'oeuvre de sa vie, celle qui tranche les veines, fait couler le sang, celle qui recueille tripes et boyaux comme un reliquaire, et d'envoyer le tout par la Poste en priant pour qu'un lecteur, deux lecteurs, un premier comité de lecture, puis un deuxième, approuvent vos propos, se coulant dans le consensus mou capable, quelquefois, de produire le pire en matière de littérature. Pas de noms, s'il vous plaît.
Parfois, il arrive de recevoir des notes de lectures. Je vous en ai reproduit deux exemplaires afin que vous puissiez voir à quoi ressemble la chose. Elles viennent d'un même éditeur et concernent un manuscrit non encore publié.
  Elles présentent l'intérêt d'offrir un avis radicalement opposé.
Pour ceux dont la vue baisse, je vous en donne le contenu in extenso :
Lettre 1 : Exceptionnel de conception, d'écriture et de maîtrise. Un délire. De drogues, de coups, de meurtres, d'anthropologie.
Fascinant d'adresse et de dégoût.
Chaque page vampirisante pisse le sang dans une séduisante répugnance traversée d'humour.
Une surabondance d'explications techniques, une très savante morbidité donne de l'auteur l'image d'un légiste morticole shooté, en constante orgie nécrophage.
Une autre dimension, nauséeuse, énorme, qui vous latte tout le corps.
Que ce lecteur anonyme et bien entendu clairvoyant d'une grande maison que nous ne nommerons pas soit au passage remercié d'avoir contribué à donner courage.

Tout mais pas l'indifférence(1)
Lettre 2 ; écriture hachée, lecture difficile, on ne sait pas trop ce qu'on lit, l'auteur souhaite nous déstabiliser par un récit proche de l'écriture automatique, comme déconstruit mais il faut beaucoup de talent pour ça, quand il n'y en a pas, on se retrouve devant un texte brouillon et illisible.
D'ailleurs, l'auteur croit faire de la "pop littérature", je dirais plutôt "flop littérature"
J'en ai profité pour retranscrire la ponctuation aléatoire de cet estimé lecteur. Qu'il en soit ici remercié pour d'autres raisons.
Même si, d'une manière épidermique, je rejoins Thierry Di Rollo, dont j'avais déjà parlé ici et qui dit sur son site : "Je n'ai jamais rien appris, ni retiré quoi que ce soit, d'une chronique défavorable ou, pire, incendiaire; la critique négative constructive n'est qu'une légende.", l'écrivain en devenir (perpétuel) doit apprendre encaisser. Il doit savoir accepter le rejet comme l'adhésion. Il doit appréhender l'idée de voir un an de travail, deux ans, dix, qu'importe, niés par un jeu de mots foireux en bas de page. Fuck la blessure narcissique, comme dirait l'autre. Il doit même s'en délecter (même si une certaine mauvaise foi est parfaitement autorisée). Parce que ce rejet est le signe le plus tangible d'une écriture qui ne laisse pas indifférent. Une réaction, bonne ou mauvaise, reste une réaction et en ce sens, elle est salutaire. Elle constitue le socle d'un échange possible. Virtuel, idéalisé, mais possible.
Malheureusement, notre belle société pos-fordiste n'offre que très peu de passerelles entre ces mondes qui s'observent avec méfiante. Au lecteur de lire. A l'éditeur d'éditer. Au critique de critiquer. Et à l'écrivain d'écrire.
Qu'il en soit ainsi.

(1) Jean-Jacques Goldman, ooooh yeahhh.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Antoine Chainas
Lundi 22 septembre 2008

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Publié dans : nouvelle/poésie
Tout petit, déjà, Antoine Chainas s'adonnait aux A.D.H.S.M.S.C. (Activités Délictueuses et Hautement Subversives en Milieu Scolaire Sévèrement Contrôlé) et faisait preuve d'un goût prononcé pour la déviance populaire.
Voici les deux premiers feuillets d'une longue nouvelle policière (huit pages, mazette !) écrite à onze ans dans le cadre d'un recueil de fin d'année. Ca s'appelait "La Croisière des Gros Bonnets". Tout un programme.
Impossible de me rappeler si j'avais eu une bonne note ou non. Mais force est de constater que le petit galopin que j'étais avait déjà adopté peu ou prou un M.O. identique quant à l'élaboration de récits disons... décalés (inutile de vous préciser que les illustrations de bastons et le polar ne faisaient pas partie du programme officiel).
Ah, jeunesse !
Par Antoine Chainas
Lundi 22 septembre 2008

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Publié dans : Anaisthêsia

Et une nouvelle illustration, une. Elle vient cette fois-ci d'Anaisthêsia, roman à paraître chez Gallimard, Série Noire, en avril 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

 



"C'est juste l'histoire dégoûtante, pathétique, vile et misérable d'une vie, rien d'autre. Comment ça peut aider quelqu'un, je n'en sais rien !"
J.D. (prostitué)

Par Antoine Chainas
Jeudi 18 septembre 2008

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Publié dans : Aime-moi, Casanova
Voici une nouvelle illustration tirée d'Aime-Moi, Casanova (Gallimard. Série Noire. 2007).
Malgré une résolution un peu aléatoire, ceux et celles qui ont lu l'ouvrage pourront chausser leurs besicles, s'armer d'une loupe et y déceler une foule de détails en rapport plus ou moins direct avec l'histoire.
Par Antoine Chainas
Jeudi 18 septembre 2008

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Publié dans : nouvelle/poésie

Quand j'étais jeune, je savais.
Et puis je l'ai rencontrée.
Je l'ai laissée prendre ma vie comme un capitaine autoritaire s'empare de la barre d'un navire à la dérive.
Elle m'a tout enlevé. Bribes par bribes, morceaux par morceaux.
Elle m'a tenu chaud ces nuits d'hiver où le vent cogne contre les volets clos de notre pavillon.
Elle m'a lavé.
D'abord le dos.
Au début, j'ai lutté. Mais je suis si faible.
Le son de mes protestations, je ne l'entendais même pas.
Puis, quelques mois, quelques années plus tard, ce fut le dos et le torse.
Et sur la fin, les jambes, les bras, le sexe et l'anus. Sans oublier la plante des pieds.
J'ai cessé de me servir de la machine à laver. La notice, aujourd'hui, me semble écrire d'une main d'enfant. Indéchiffrable.
Lorsque nous avons acheté un nouveau réveil, je l'ai laissée régler l'heure de mon départ au travail.
Nous avons acheté un nouveau portable.
Nous avons acheté une nouvelle voiture.
Une nouvelle cafetière.
Un nouveau réfrigérateur et un nouveau lecteur de DVD.
Une nouvelle vie.
Dont elle a tout géré.
Dont elle a tout effacé.
Je l'ai laissée me battre, quand elle le voulait, quand elle en ressentait le besoin.
Au soir, le sang, dans mon nez et dans ma bouche avait un goût de rouille.
Le matin, je cachais les traces de coups avec un sweet-shirt à manche longue, de grosses lunettes de soleil et un col roulé.
Je l'ai laissée m'extorquer les fonds pour monter ses affaires de mécénat dont les bénéficiaires était tous beaucoup plus jeunes, beaucoup plus beau, beaucoup plus vifs que moi. Des artistes, elle disait.
Je l'ai laissée me violer, parfois, de plus en plus rarement car son travail de gestionnaire lui prenait, j'imagine, trop de temps et d'énergie.
Et puis un jour, elle m'a quitté.
J'ignore pourquoi.
J'ignore pour qui.
Un homme plus autoritaire, peut-être.
Un homme moins dépendant.
Un homme vrai.
Ce fut bref comme un coup de rasoir. L'amputation était nette et indolore.
Aujourd'hui, j'ai cinquante ans et j'ai tout oublié.
Le linge sale, non repassé, s'entasse dans la salle de bains. Les piles, aussi grandes que des pylônes haute tension, me font un peu peur. Désormais, et je ne vais plus me laver. Je ne sais plus, d'ailleurs, comment on fait une toilette.
Je n'ai plus de shampoing. Je ne retrouve plus le chemin du magasin pour aller acheter une bouteille neuve.
Mon ventre gargouille en permanence. Je ne retrouve plus le chemin du supermarché. Les poubelles en bas de chez moi me suffisent.
Je ne retrouve plus le chemin de mon travail. De toute façon, j'ignore comment faire marcher le réveil et serais bien en peine de me lever à une heure quelconque du jour ou de la nuit.
Je ne retrouve plus aucun chemin.
Mes dents pourrissent. Je ne sais plus comment prendre un rendez-vous chez un dentiste.
Ou chez un médecin. J'ai une induration très douloureuse au niveau de la cinquième intercostale droite.
Chez un garagiste. La voiture ne marche plus depuis si longtemps que les services municipaux, la prenant pour une épave, l'on faite embarquer. A moins qu'elle n'ait été volée par des ferrailleurs. Je n'arrive plus à me souvenir comment obtenir le numéro de la police. Comment obtenir n'importe quel numéro. Et même si c'était le cas, je serai bien en peine d'allumer mon portable ou de remettre en service la ligne.
L'électricité est coupée. Il faudrait que je contacte la régie EDF. Mais c'était elle qui s'en occupait.
J'ai cinquante ans. Etre de nouveau capable de vivre seul est au-dessus de mes forces. Mon cerveau, mes muscles ne sont plus aussi alertes. Je ne retiens plus rien.
J'ai cinquante ans et je vous attends. C'est la seule chose que je puisse encore faire.
Qui que vous soyez, je vous attends. Et je sais qu'un jour, vous me trouverez.
Alors, il me faudra réapprendre à aimer.

Par Antoine Chainas
Lundi 15 septembre 2008

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Publié dans : Anaisthêsia
"C'était comme si j'étais en état d'hypnose. Pendant longtemps, je n'ai pas pu parler parce que j'avais peur qu'elle disparaisse."
W.R. (schizophrène)

Anaisthêsia
Gallimard
Série Noire
Avril 2009
Par Antoine Chainas
Dimanche 14 septembre 2008

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Bon, pour ceux et celles qui me connaissent un peu, mon extrême timidité alliée à un tempérament pas vraiment porté sur le "social" (au sens québécois du terme : entendre par là le côté sociable, les sourires, l'éloquence, la parlotte, la causette, le bout de gras, les sourires, les restaux, la convivialité, les compliments, la chaleur, le bonheur, les éclats de rire, l'attente, les plaisanteries, la sympathie... Certains appellent ça simplement la vie), les festivals ne sont pas vraiment mon fort. Au grand dam de mon éditeur adoré, des organisateurs souvent dévoués à la cause, très sympathiques et de surcroît enthousiastes, ainsi que des hordes de fans déchaînés qui se pressent : un exemplaire de Versus dans une main et un cran d'arrêt dans l'autre.
Cependant, les 15 et 16 novembre, je ferai une petite entorse à mon règlement intérieur et me rendrai à Vienne (pas au pays de Sissi, mais près de Lyon) pour participer au festival Sang d'Encre, dont on m'a dit le plus grand bien. Et je suis toujours enclin à écouter ceux qui en savent plus que moi en ce qui concerne les domaines étrangers.
Sachez en outre que l'intérêt de la manifestation résidera dans un panel d'invités dont il ne pourra être qu'éclairant d'avoir les lumières sur les tenants et des aboutissants du polar post-moderne eurocentré en période de turbulences atmosphériques.
J'appelle notamment dans la catégorie beau-gosse-pas-con-du-tout-qui-parle-super-bien-et-qui-en-plus-est- heureux-de-vivre-et-écrit-des-romans-magnifiques : Caaaaryl Férey.
J'appelle dans la catégorie peu-loquace-mais-adorable-intègre-styliste-hors-pair-et-lauréat-d'une-kyrielle-de-prix- pour-son-dernier-roman-Garden-of-Love : Maaaarcus Malte.
Dans la catégorie proximité-d'esprit-tout-aussi-talentueux-et-à-la-vision-réellement-ambitieuse : Maaarin Ledun.
En lice dans la catégorie connais-pas-personnellement-mais-aime-beaucoup-leurs-bouquins-et-suis-curieux-de -les-rencontrer-les-voir-les toucher-les embrasser-les... On se calme ! J'ai nommé : Thieeerry Jonquet et Briiiigitte Aubert.
Mais celui que je serai le plus étonné de rencontrer, tant il m'intrigue, tant il me semble étrange et étranger, ce sera bien entendu ; Annnntoine Ch... Oh, la ferme !
A bientôt, alors ?
Par Antoine Chainas
Dimanche 14 septembre 2008

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Publié dans : Aime-moi, Casanova
Voici, retrouvée au fond d'un tiroir alors que je cherchais, comme d'habitude, tout à fait autre chose sans parvenir à mettre la main dessus, une nouvelle illustration tirée de Aime-moi, Casanova (Gallimard - Série Noire 2007).
Par Antoine Chainas
Mercredi 3 septembre 2008

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