Rentrée littéraire 2008

Publié le par Antoine Chainas

Comme à chaque rentrée littéraire, c'est le bordel complet (680 volumes publiés à l'automne - mouche-toi du coude, et dis pardon !). Bon, alors, pour vous aider à faire le tri, voici deux ou trois bouquins qui devraient faire parler d'eux simplement parce que - connaissant la production de leurs auteurs - il y a, disons, une chance sur quelques millions pour que l'opus soit nul.

Petit mais costaud

Honneur aux français : le dernier livre de Xavier Mauméjean paraîtra à la fin du mois (27 août) : ça s'appelle Lilliputia, comme l'image ci-contre vous le confirme. Ca parle de nains, comme le titre le laisse supposer : et vous savez que j'adore les nains (remember ici). C'est le dernier bébé de Xavier Mauméjean, un des rares auteurs de SF française à valoir le coup (avec sûrement Thierry Di Rollo, dans un style différent, et peut-être Catherine Dufour).
Ce sera ultraréférencé, comme d'hab', mais parfaitement compréhensible des philistins, comme d'had'.
Vous voulez voir une ville en miniature dans un parc d'attraction, avec tout plein de vrais gens taille réduite dedans pour faire marrer les touristes ?
Vous voulez voir des pompiers nains en train de sniffer de la coke et de boutter le feu ?
Vous voulez voir des freaks prôner la révolution ?
Vous voulez vous sentir grand ?
Ce livre est pour vous. Ne le manquez pas.








L'horreur, l'horreur...

Très attendu aussi, le dernier Dan Simmons. Que les fans d'Endymion et autre Ilium passent leur chemin. Ici, c'est de l'historique pur jus, certifié authentique. Ici, c'est du réalisme en béton. Et c'est justement du surgissement - par petites touches d'abord, puis crescendo - de l'inconnu, de l'inexplicable, de l'invisible au coeur de cette authenticité et de ce réalisme que le pavé (936 pages dans l'édition que je possède) tire sa force extraordinaire. Dan Simmons n'est pas un styliste, mais il est un grand, un très grand, un énorme technicien. Voilà un auteur (sur)doué, un touche-à-tout qui, lorsqu'il se met en tête de décortiquer les mécanismes de la peur, en tire la substantifique moelle.
Ne pas trop montrer. Laisser supposer. Qui est ce monstre qui décime, un à un, les marins bloqués en pleine banquise en 1847 ? Et est-il plus à craindre que la faim, la soif, la folie qui conduiront inévitablement les hommes là où personne ne devrait aller ?
C'est prenant, c'est tétanisant, c'est ultra-efficace, c'est Terreur de Dan Simmons.






Irish bone

Après être passé par la France et les U.S.A., arrêtons-nous un moment en Irlande : last but not least, voici le dernier Ken Bruen, annoncé à la Série Noire pour octobre.
La suite des aventure de Jack Taylor, c'est comme une ultime pinte de Lager dans un pub à deux heures du mat' : même si c'est celle qui vous achève, celle qui va vous mettre la tronche à l'envers, celle qui va vous conduite droit vers les prochaines chiottes pour dégobiller votre petit-déjeuner, votre déjeuner, et même le dîner que vous n'avez pas pris, ça ne se refuse pas. Bon, c'est super noir. Il faut dire que devoir mener l'enquête sur la découverte de la tête d'un prêtre pédophile décapité dans le confessionnal n'incite pas - de prime abord - à danser le twist sur des patins à roulettes en tenant un pot de fleurs en équilibre sur sa tête. De surcroît, ça ne va pas très fort pour l'ami Jack (ça ne va jamais fort pour lui, mais là, ça va encore moins fort que d'habitude, c'est dire). Il sort tout juste de l'asile après avoir assisté à la mort accidentelle de la fille de l'un de ses amis. Ca a l'air compliqué parce que c'est moi qui raconte, mais en fait c'est très simple. Limpide, même : comment Jack va-t-il s'en sortir ? Va-t-il survivre à cette terrible épreuve ? Gagnera-t-il cette guerre livrée à lui-même plus qu'aux autres ? Qui devra-t-il tuer pour cela ? Où est la justice, dans ce pataquès ?
Vous aurez les réponses à ces brûlantes questions en lisant La Main Droite du Diable (plus sobrement intitulé Priest, dans la version originale - voir ci-contre).
C'est toujours écrit avec cette facilité déconcertante qui laisse supposer un boulot monstre derrière, c'est toujours aussi fluide, aussi désespéré... C'est toujours aussi humain.

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