La fin et la fin et la fin et...

Publié le par Antoine Chainas

Voici une short-short story écrite voilà quelques années pour un célèbre magazine à l'époque underground.

Un violent éclair fit vibrer la baie vitrée.

Il pleuvait sur Paris depuis une semaine. Une pluie lourde et froide qui semblait ne jamais devoir s'arrêter. Le Lecteur se tenait là, seul, dans son grand appartement au sommet d'une des tours du XIIIème, stupéfait, abasourdi. Il contemplait la lettre qui était arrivée à son domicile ce matin même. Pas d'expéditeur, pas de cachet. La feuille était en papier glacé épais, coupante comme un fil de rasoir. Il s'était entaillé le pouce en la sortant de l'enveloppe et suçotait le doigt meurtri tout en parcourant une fois encore les mots inscrits, tant il ne pouvait croire à ce qui était marqué là, en lettres d'imprimerie :

Un violent éclair fit vibrer la baie vitrée.

Il pleuvait sur Paris depuis une semaine. Une pluie lourde et froide qui semblait ne jamais devoir s'arrêter. Le Lecteur se tenait là, seul, dans son grand appartement au sommet d'une des tours du XIIIème, stupéfait, abasourdi. Il contemplait la lettre qui était arrivée à son domicile ce matin même. Pas d'expéditeur, pas de cachet. La feuille était en papier glacé épais, coupante comme un fil de rasoir. Il s'était entaillé le pouce en la sortant de l'enveloppe et suçotait le doigt meurtri tout en parcourant une fois encore les mots inscrits, tant il ne pouvait croire à ce qui était marqué là, en lettres d'imprimerie :

Un violent éclair fit vibrer la baie vitrée...

 

 

 

 

 

Publié dans nouvelle-poésie

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jlcheche 28/08/2008 08:41

Direction la médiathèque qui possède un volume (en français) contenant toutes les nouvelles de Cortazar (fais gaffe, il est gros). Idem pour les nouvelles de Buzzati, mais ne nous égarons pas. Malheureusement rien de Bioy Casares qui a écrit des petits bijoux. (si un jour tu as l'occasion de lire le Journal de la Guerre au Cochon et, bien sûr, l'Invention de Morel précité, sans oublier ses nouvelles...)

Antoine Chainas 28/08/2008 11:18


Salut jlcheche, quel enchantement de te voir sur ce blog ! Merci pour ces conseils de lecture. Je les note - houlà... ça commence à faire beaucoup pour ma petite tête - sur mes tablettes à
côté de Cortazar, Casares et Borges. Au plaisir de te revoir par ici.


jenotule 27/08/2008 17:52

Bien le bonjour, permettez que je m'incrustasse un instant pour vous conseiller - rapport à Silvina Ocampo - la lecture de son non moins célèbre mari : Adolfo Bioy Casares et son fabuleux roman "L'invention de Morel". A eux deux ils ont aussi écrit un polar, "Ceux qui haiment haïssent", étrange et envoûtant, comme souvent avec la littérature d'Amérique du Sud. Au plaisir de continuer à vous lire.

Antoine Chainas 27/08/2008 18:24



Bonjour Jenotule,
Incrustassez-vous, incrustassez-vous, vous êtes tout à fait le bienvenu par ici. Je note illico les deux romans que vous me suggérez sur mes tablettes, juste à côté de Cortazar. Etrange et
envoûtant, c'est une belle définition de la littérature sud américaine, sans généraliser pour autant. En tout cas, merci pour ces suggestions et n'hésitez pas à revenir vous incrustasser (un
crustacé ?).
A bientôt.



Jean-Marc Laherrère 27/08/2008 14:13

La compraison s'arrêtait là effectivement.
Ton texte est plus court, et sans faire injure à personne, à mon humble avis, Cortazar est un des plus grands nouvellistes du XX° siècle. Au risque de me faire lyncher par les puristes, je le préfère même à Borges.

Si tu as l'occasion, son recueil "Les armes secrètes" relève du génie pur.

Antoine Chainas 27/08/2008 16:56


Merci Jean-Marc,
celui-là est noté sur mes tablettes. Je ne sais pas si tu connais, mais dans la même veine, j'avais lu (ça me revient maintenant), un recueil de Silvina
Ocampo - Faits divers de la terre et du ciel - qui m'avait fait vraiment forte impression (onirisme, encore, jeu, encore, grande sensibilité poétique, encore). Silvina
Ocampo qui fut d'ailleurs une grande copine de Borges et Calvino... It's a small world.
A bientôt.


Jean-Marc Laherrère 27/08/2008 09:32

Encore moi.
Si tu lis aussi l'espagnol elle est là :

http://www.literatura.org/Cortazar/Continuidad.html

Antoine Chainas 27/08/2008 12:14


Salut Jean-Marc,
good to see you... Je ne connaissais pas ce texte de Cortazar (à moins de l'avoir lu à l'école, mais je ne m'en souviens pas. Peut-être, inconsciemment...). En tout cas, merci de me l'avoir fait
découvrir (en français, car l'espagnol et moi...). Effectivement, le procédé est le même - transgression narrative, mise en abyme, paradoxe diégétique - et il porte en lui une dose d'onirisme
poisseux propre au genre. Il me semble que Marcus Malte, d'après ce que j'ai entendu dire, a utilisé ce procédé récemment dans Garden of Love. Dans le cas de la short-short ci-présente, la
contrainte était donc de faire très court - et de créer un effet de surprise, quel qu'il fût. Comme pour Cortazar, la dimension ludique était fondamentale. Cependant, la comparaison s'arrête là
pour moi puisque son texte, me semble-t-il, recèle beaucoup plus de subtilités (mais il est plus long). En tout cas, merci, très bon texte, vraiment.
A bientôt.


Jean-Marc Laherrère 27/08/2008 09:25

Salut,

Connais-tu "Continuité des parcs", de Julio Cortazar ? Si tu cherches sur Google, tu peux trouver le texte traduit en lecture libre. Tu me diras ce que tu en penses. Et tu verras pourquoi tu m'y a fait penser ...

Amitiés