Doucement

Publié le par Antoine Chainas

Doucement
Avec une négligence affable
Sa main caresse la table
Doucement

Bien en vue
En face de lui
Bien en plis
Avec ses doigts nus.

Soudainement
S'affaisse le front bas
Son regard est las
Convenu.

Elle ne comprend pas
Ce qu'elle attendait
Ne se produit pas
Ne se produit plus

Alors c'est sa violence
Qui la crève sans bruit.
Et l'étouffe en silence
Sans le moindre cri

Elle avait allumé
Des chandelles histoire
De faire un peu semblant
D'un moment y croire

Mais à ce repas-là
Qui fut leur dernier
Elle s'était apprêtée
A cet ultime souper

La demande est vaine
De quelque chose de bien
Qu'elle aurait voulu sien
Qu'il aurait aimée sienne

C'est l'heure maintenant
Que la lumière s'éteint
Qu'en retirant ta main
Tu f'ras couler ses yeux

C'est l'heure maintenant
Qu'en ne disant rien
Tu affiches ton dédain
Tu lui dis ton adieu

A.C. 1998

Publié dans nouvelle-poésie

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