Hybrid fuckbooks : porno libertas

Publié le par Antoine Chainas

We are black with sin, and yet we move. Hank Stine.

 

Après nous être penchés sur le transgenre, la littérature limite, le gore ou le southern gothic, continuons notre exploration des mouvements marginaux, extrêmement localisés dans l'espace et dans le temps, et pourtant du plus haut intérêt car ils ont insufflé, de manière éphémère, une liberté incomparable à la littérature de genre, en en faisant exploser les codes mais aussi en portant une poignée d'opus à des niveaux d'ambition qui laisseraient rêveurs bien des auteurs et des éditeurs d'aujourd'hui.

J'ignore qui pourra être intéressé par l'évocation de ces figures oubliées mais ô combien flamboyantes : dix, vingt lecteurs ? Personne ? C'est sans importance. Cette évocation, même infime, suffit à dire qu'ils ont existé, qu'ils ont écrit et, que l'espace de quelques livres, ils ont offert aux lecteurs des horizons jamais explorés avant, et plus rarement encore explorés depuis.

Ces gens s'appelaient Brian Kirby, Hank Stine, Charles Mc Naughton Jr, Richerd E. Geis, Gil Lamont. Des noms qui ne disent probablement plus rien à personne, mais qu'il faut prononcer, qu'il faut écrire pour signifier que des visionnaires ingénieux, géniaux quelquefois, se cachèrent derrière. Signifier que leurs livres restent encore dans la mémoire de quelques uns. Qu'il s'agisse de vétérans usés ou de petits gars comme moi qui n'étaient pas nés à l'époque, la volonté de perpétuer le souvenir d'une utopie littéraire, et de son fiasco annoncé - parce que trop libre, parce que pas assez ciblée, parce que pas rentable, parce que trop violente - reste présente.

En 1968, dans la joie et l'efferfescence créatrice, l'hybrid fuckbook naissait. Sa vie fut aussi brève qu'intense.


Côte Est, côte Ouest

A la fin des années 60, tandis que sur la côte Est, à New-York, Olympia publiait sa Nouvelle Littérature Erotique, des douzaines d'autres maisons d'éditions misaient sur la faim insatiable du public pour la pornographie. Pour la plus grande partie, ce que publiaient ces maisons marginales n'entretenait qu'un lien superficiel avec une vraie littérature pornographique. En fait, il n'y avait qu'un éditeur en Amérique à cette époque pour reprendre le flambeau avec les mêmes ambitions d'Olympia. Il s'agissait de Milton Luros, pour Parliament News, Hollywood Nord, Californie, côte Ouest.

Parliament était la maison-mère d'un nombre impressionnant de magazines et de livres touchant au sexe, si j'ose dire, mais seulement deux publications - Brandon House et Essex - étaient dévolues à une écriture pornographique porteuse d'objectifs sérieux. En 1967, un jeune musicien et libraire, Brian Kirby, eut la responsabilité de ces deux filiales. C'est probablement à lui que l'on doit le fugace essor de ce mouvement : l'hybrid fuckbook. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'à cette époque, la littérature pornographique érotisée, classique et classieuse, était le fait de Brandon House, qui rééditait les ouvrages d'Olympia des années cinquante agrémentés de nouvelles préfaces et postfaces (Sade, Wilmot...). De belles couvertures, du papier de qualité, une reliure d'excellente facture : l'accent était mis sur la qualité.

Brandon House rendit cette littérature accessible mais les rares auteurs contemporains y officiant étaient au mieux de bons techniciens, dans la tradition de Marcus Van Heller. Ce ne fut qu'au début 68, quand Kirby démarra la collection Essex, avec une ligne éditoriale dévolue au roman pornographique ambitieux, que Parliament devint l'équivalent d'Olympia. En tout, plus de quarante romans pornographiques furent publiés par Essex en moins de deux ans.

S'il y avait un thème central qui se dégageait de ce corpus, c'était bien un formidable sentiment de liberté. La plupart des auteurs purent y développer, à un point jamais atteint, l'expérimentation formelle et contextuelle. Ils étaient nouveaux dans le genre, ils n'étaient soumis à aucune restriction autre que celle de "raconter une histoire avec du cul dedans", et leurs livres firent l'effet d'une bombe chez le lecteur : une bombe à la charge parfois dévastatrice, parfois faiblarde. La radicalité trouvait sa base dans un certain idéalisme : un idéalisme moral et politique porté par une certaine vision du présent et surtout du futur de la société américaine. D'un autre côté, ne le nions pas, il y avait aussi ceux qui trouvaient justement que ces romanciers n'avaient pas su utiliser au maximum les potentialités offertes par la liberté dont ils jouissaient.

La politique éditoriale de Kirby consistait à encourager l'expérimentation poétique à l'intérieur du genre et à offrir à des écrivains plus établis l'occasion de se frotter en toute liberté au genre. Parmi les poètes, il y avait bien entendu David Meltzer et Bukowski. Parmi les écrivains confirmés susceptibles d'être intéressés par l'expérience, seul P.J. Farmer fut effectivement publié par Kirby.

L'objectif du jeune éditeur était de trouver des gens performants dans le genre, puis de leur lâcher la bride. Afin d'assurer un niveau de qualité optimal, il décida que les auteurs maison n'auraient pas le droit d'utiliser de pseudo. Bientôt, d'excitants et intrigants reliés portant le logo d'Essex firent leur apparition dans les bacs.


Hybrid fuckbook : porno contestation ou porno acceptation ?

 

Un des premiers publiés fut David Meltzer, avec The Agency (Tendre Réseau, en français. Editions Champ Libre - Chute Libre 18) : premier volume d'une trilogie comprenant aussi L'Agent et How Many Blocks in the Pile ?.La postface de l'ouvrage est sans doute, concernant la littérature pornographique, aussi capitale que le roman lui-même. Avec les commentaires présents dans les autres livres, elle constitue probablement le premier porno manifesto de la littérature américaine.

Meltzer débute par l'idée qu'une des fonctions de la littérature pornographique est de dévoiler la face cachée, intime de l'Amérique.

"La face cachée est présente aussi bien dans la guerre et les tracts religieux que dans les fuckbooks. Ce que l'on nomme la sub-culture populaire n'est rien d'autre qu'un archivage des rêves. [...] La baise est, après tout, bien plus que ce dont un mec a besoin et que ce qu'une femme cherche. C'est encore à l'heure actuelle, à chaque seconde dans notre culture, un domaine inconnu et non-accompli. [...] Il est temps de construire une nouvelle littérature pornographique basée sur le commencement et non plus sur l'anticipation de la fin"

Les fuckbooks devraient prendre leur source, d'après l'auteur, en des endroits de nos vies dont nous ne parlons jamais. Le genre suppose l'indicible, le mystère originel, et reste à ce titre, un des plus significatifs en terme moral. Ainsi, Meltzer définit sa trilogie comme une suite de redoutables tracts moraux.


Vers l'hybridation

 

Dans la littérature pornographique en tant que genre, on peut établir une structure pyramidale. Au sommet : des incontournables tels qu'Histoire d'O. A la base : un travail de simple technicien. Et au milieu : une série d'ouvrages sérieux, ambitieux, transcendant, pervertissant ou contournant les conventions. Les romans d'Essex se trouvaient bien entendu dans cette dernière catégorie. Cependant, une distinction plus fine encore peut-être opérée entre roman porno pur et oeuvre hybride qui instille une vision pornographique à l'intérieur d'une forme préexistante et établie comme l'anticipation ou le polar. Le concept hybride est fondamental car beaucoup de livres publiés par Essex se caractérisent par un mélange des genres avec les conventions de la littérature porno. Le résultat est parfois stupéfiant.


Anticipation, porno, calques

Season of the Witch (1968), de Hank Stine est un cas d'école en la matière. En utilisant les outils prospectifs propres à l'anticipation, Stine crée un des rares exemples crédibles de fiction pornographique écrite par un homme avec une sensibilité féminine.

Dans une Californie futuriste, André Fuller étrangle une femme shootée pendant qu'il la baise. Il est jugé pour son crime et la cour le condamne à devenir la femme qu'il a tuée. Fort opportunément, Stine contourne les clichés les plus évidents qu'il emploie néanmoins. Il se concentre sur les sentiments que pourrait éprouver le mâle agressif incarné en femme. Son utilisation des codes se mue en un puissant manifeste pro-transsexuel (Hank Stine, alias Sibly White, alias Jean-Marie, alias Allen Jorgenson, fut d'ailleurs une des figures les plus emblématique de la transsexualité outre-atlantique). Le conflit entre la psyché masculine emmurée dans un corps féminin se concrétise sous la forme d'un monologue intérieur à la deuxième personne du singulier (identification renforcée du lecteur aux émotions éprouvées). Stine emploi un procédé fréquent en littérature générale mais inhabituel au sein du porno qui utilise plutôt la première ou la troisième personne. Et l'écrivain de brouiller définitivement les pistes par la description de rencontres charnelles du criminel avec d'autres hommes. Il explore ces inversions de rôles avec une neutralité androgyne et, en même temps, insiste sur la réelle différence entre les sexes. Au final, son approche est morale : à travers l'utilisation des constantes de l'anticipation, on pourrait dire qu'il concrétise certains préceptes bibliques en incarnant littéralement une personne (oppresseur) dans une autre (victime). Cette plongée à l'intérieur de la femme confrontée à la cruauté des hommes rejoint la volonté politique de dévoiler la vie secrète de l'Amérique. Dans ce cas-ci, la vie secrète est exploitation, brutalité. Cette dénonciation sera encore plus présente dans son second ouvrage pour Essex : Thrill City (1969). Il s'agit d'un recueil d'histoires fragmentaires, d'extraits de conversations, unifiés par la vision d'un "Maître de l'Univers" observant l'humanité dans ce qu'elle a de plus prosaïque. En découle une profonde compassion pour un pays de plus en plus dominé par la violence subie ou infligée.

A l'instar de David Meltzer, l'approche de Stine questionne politiquement (c'est-à-dire par l'exercice du pouvoir) l'usage réciproque que nous faisons de chacun d'entre nous."Tout le monde se sert de tout le monde. Effrayés et esseulés au fond de nos crânes, nous cherchons à manipuler les autres. Nous ne nous contentons pas de souffrir, nous créons la souffrance."

Thrill City est un portait fantasmatique, terrifiant d'une Amérique dans laquelle le viol est une métaphore de la désintégration civilisationnelle. Stine ne voit pas la destruction dionysiaque comme le fait d'individus isolés, mais comme celui de la société entière. De la répression sexuelle résulte l'explosion psychique.

Le thème et le traitement de Stine trouvent un écho dans nombre d'autres fictions pornographiques et particulièrement Mindblower, de Charles Mc Naughton Jr (1969).

Ce roman peut être appréhendé à plusieurs niveaux : situé au sein d'une communauté hippie, la description du milieu est à la fois réaliste et apocalyptique, excessive, satirique et surréaliste. Philip José Farmer - et ce n'est pas pour rien - signe la postface :

"Mindblower est un livre d'anticipation. Tous les livres apocalyptiques sont des livres d'anticipation, bien que tous les livres d'anticipation ne soient pas apocalyptiques. Mc Naughton nous parle d'un monde de télépathie au sein duquel le diable, vivant sous un arbre au milieu d'une mégalopole, projette l'invasion du monde grâce à une incroyable bande de hippies underground capables de se métamorphoser en flics et de transformer les êtres humains en bêtes hirsutes... La population sera détruite au moyen de forces mentales."

Le héros de Mc Naughton, Jack Flasher, passe d'un incident à un autre dans un état rappelant un long trip d'acide. Sa folie est le centre d'une intrigue dont les thèmes - sexe et drogues - sont abordés en tant que phénomène de propagation.

Un cas à part

 

Le plus gros succès d'Essex fut, évidemment, le diptyque Image of the Beast (1968) / Blown(1969) , de PJ Farmer dont nous avons déjà parlé et avons examiné les implications énormes ici. Inutile d'y revenir.
Par contre, en 1969, Richard E. Geis signe Raw Meat (Défense de Coucher, en français. Éditions Champ Libre : Chute Libre 13) : une fois encore, les codes de l'anticipation sont détournés à des fins pornographiques. Se rapprochant par certains aspects du Meilleur des Mondes, Geis décrit un futur dominé par un super-ordinateur appelé "Mother Computer" au sein duquel l'activité sexuelle est totalement émancipée de l'instinct de reproduction. Un monde où la naissance devient tabou.

"Mother Computer contrôle la population en régulant naissances et décès. Le sexe a complètement disparu de ce que les anciennes familles appelaient le don de la vie et la parentalité."

A l'image de la pornographie, qui substitue la mécanique à la sensualité et à la psychologie, les personnages de Raw Meat ne sont que des marionnettes, des artefacts qui rappellent néanmoins, par une intertextualité sous-jacente, la puissance symbolique de la relation entre reproduction et sexe. Le propos, une fois encore, dépasse largement le cadre des genres (anticipation et pornographie) dans lesquels il s'inscrit. On voit bien comment la question du don de la vie est évacuée dans les oeuvres purement pornos situées à la base de la pyramide, tout comme la question métaphysique de la mort l'est dans le pur polar, et comment les romans hybrides réussissent à réintroduire ces thèmes au coeur de projets ambitieux. L'hybrid fuckbook s'intéresse bien plus aux causes et conséquences (la mort, le procréation dans leurs dimensions sociales, économiques, psychologiques, spéculatives) qu'aux faits et actes (réduction de la mort au meurtre dans la littérature policière ou de la procréation au sexe dans la pornographie strictement formalisée).

Ainsi, les codes de l'anticipation sont de nouveau mis à contribution de manière surprenante dans le roman porno Roach, de Gil Lamont. Le protagoniste principal, Malcoln Wren, est écrivain de livres pornos pour le gouvernement. Déprimé par cette société qui contrôle sa vie et celle de la population entière, Wren se réfugie dans la drogue et le sexe.

"Ecrivain porno : c'est ce que tu es. Tout le sexe que tu exhumes vient de la banque de données d'un putain d'ordinateur."

Internet n'existait pas à l'époque. Ni l'atomisation de la société, ni les réseaux de contrôle, ni la mécanisation de chaque acte. Quelle clairvoyance !

Le style de Lamont est définitivement expérimental : la voix de Wren, sans ponctuation ni majuscules exacerbe l'état de confusion désespérée.

L'application des codes de l'anticipation au porno est extrêmement féconde du fait que ces deux genres trouvent leurs racines dans le conte. De fait, l'anticipation apporte un souffle de liberté inédit aux auteurs de genre à travers le prisme pornographique. Bien entendu, ce sera au lecteur d'assumer cette hybridation des genres. Et l'histoire a prouvé que l'entreprise s'est révélée périlleuse. L'aventure Essex (comme celle du Gore en France) se termine, en 1970, dans l'autoparodie et la systématisation. Une fin indigne mais qui souligne bien à la fois les possibilités immenses qui ont été entrevues et la limite intrinsèque d'un genre qui ne voulait pas en être un.

 


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M.L. 17/12/2008 12:56

Tu l'auras compris, Antoine, les genres et les classifications ne m'intéressent pas des masses. Je me défausse donc entièrement sur toi pour cela concernant Tourville. Transgenre, il me semble que cela plairait à Jestaire. Dans Tourville il traite à mon sens plus le porno comme une métaphore socioéconomique globale que dans sa simple dimension sexuelle (même si dans le livre, il se tourne un paquet de films plutôt hard). Le langage (SMSisation, verlan, techno-tradition, etc.) ne m'a pas perturbé outre mesure, puisqu'il sert le récit au plus près. Le personnage principal est une caméra, et c'est une base de départ plutôt intéressante et constructive. L'oeil de la caméra glisse partout, prend la parole et finit par devenir une sorte de décodeur de cet environnement pornographique qu'est une société en déliquescence. En dépassant la forme, je suis certain qu'on y lira toute la pertinence du regard de son auteur et je te souhaite une bonne lecture à l'avance.

jérôme leroy 17/12/2008 00:21

Passionnant, effectivement. Impossible de remettre la main sur un roman paru dans la même collection que le Melzer et qui racontait une fuite dans une usine chimique avec un gaz désinhibant qui transformait l'Angleterre en une vaste partouze incontrôlable...

Antoine Chainas 18/12/2008 21:11



Salut Jérôme,
Je vois, sur le blog des Moissonneuses, qu'en sus d'une réflexion parallèle et complémentaire, tu as finalement réussi à remettre la main dessus. Et voilà ! L'obsessionnel que je suis se
retrouve une nouvelle fois piégé et va être obligé de partir à la chasse dudit bouquin. C'est malin :-).
Amitiés.
Antoine.




M.L. 16/12/2008 20:40

En complément de cet exposé aussi passionnant qu'instructif, je ne peux qu'évoquer brièvement le travail absolument fantastique qu'effectue Alex. D. Jestaire dans Tourville, petit ovni flamboyant de 775 pages d'une écriture aussi violente qu'obsédante, hallucinée que jubilatoire, qui en revisitant le genre, nous offre le récit d'un jeune homme, arrivé par hasard dans une ville dont il ne peut plus ressortir, assiste à la fin d'un monde tel qu'on la connaît, pour en explorer toute la puissance de destruction pornographique (au sens qu'Adorno donne à ce terme). C'est sale, ça sent mauvais, c'est répugnant et le plus souvent gratuit, mais on en ressort avec cette idée que Tourville tourne un peu comme notre planète, à l'envers. On l'affuble à tort des qualificatifs lynchéen ou bret-easton-ellissien, quand il me semble qu'on est en plein dans ce que tu nommes les hybrid fuckbooks. C'est sorti il y a tout juste un an et des poussières, mais je regrette fermement que ce bouquin n'ait pas dépassé les mille exemplaires vendus. Avis aux amateurs.

Antoine Chainas 16/12/2008 22:08


Salut Marin,
Je n'ai pas lu Tourville qui, pourtant, au moment de sa sortie, m'avait intrigué. Plusieurs raisons à cela : d'abord manque d'argent (je sais, ça vire à l'obsession), mais aussi et surtout,
certains aspects du livre qui avaient un peu calmé mes ardeurs : un ouvrage dont les références - abondantes, je crois - n'appartenaient pas à mon univers, un certain jeunisme langagier et une
utilisation de l'outil (logo, produits dérivés) qui, pour séduisante qu'elle fût, ne me parlait pas. De plus, j'avais lu, à l'époque, une nouvelle porno, justement, de Jestaire, qui, dans
le traitement, ne m'avait pas du tout convaincu (excuse-moi, Alex, j'arrête là, promis). Cependant, il est vrai que Jestaire est un animal rare. Il porte un regard très lucide sur le monde et
sa réflexion est intéressante au plus haut point (en particulier en ce qui concerne la subversion et le marketing. Cf ton blog, cher Marin). Le garçon est talentueux, indéniablement. Alors, il est
effectivement possible que, si la dimension pornographique (entendons simplement sexuelle) de l'ouvrage est prépondérante, si elle s'adapte aux conventions d'un genre préétabli de longue date, si
la morale (pas le moralisme) et les objectifs politiques sont présents par l'anticipation sociale, que Tourville soit un hybrid fuckboock. Mais je crois qu'il se classerait (ah, les classifications
!) plutôt dans le transgenre étant donné la multitude de focales qu'il adopte. Et n'oublions pas que la base de l'hybrid fuckbook est le fuckbook. Je doute que l'option principale de
Tourville soit celle-ci. Ce n'est qu'un jugement a priori, donc forcément un peu stupide. Je le lirai de toute façon, tôt ou tard, c'est une certitude. Néanmoins, comme il est dit à la fin de
l'article, à l'époque des hybrids, le public n'était pas vraiment prêt à assumer cette collision catégorielle. Et ce que tu me dis sur les chiffres de vente de Tourville m'incline à penser,
malheureusement, que c'est probablement toujours le cas aujourd'hui. Et merde...
Amitiés.
Antoine.