Yeah, yeah, j'veux être écrivain

Publié le par Antoine Chainas

Tu voulais écrire pour donner. Pas recevoir. Recevoir, c'était apprendre à accepter. Et accepter, c'était te rendre esclave. Accepter l'argent, accepter la pub. Accepter les louanges et les sourires. La gratification de Toi, celui que tu hais, celui dont chaque pas pèse une tonne et chaque jour cent ans. L'insupportable. L'usurpateur. Toi. Accepter la merde dans ton assiette en tickets de restauration et accepter les dix mètres carrés d'une chambre d'hôtel qui t'oubliera sitôt les bagages pliés. Accepter la chatte entre deux signatures. Le parfum écoeurant pour ne pas y penser. Et le regard de ton chien lorsque tu rentres chez toi. Seul. Accepter l'argent. Accepter les comparaisons. Accepter les clauses restrictives. Puis le marchandage. Puis le compromis. Puis la facilité. Ton chien, qui te regarde, tel que tu es. Amolli. Pieds et poings liés. Nu. Laisse au cou. C'est toi, le chien. Ne plus rien dominer. Même pas ta propre échéance. Celle qui dépassera de loin le plus beau de tes livres. Tu croyais que certains mots pouvaient être libres. Mais c'était oublier qu'il y avait un prix. Pour chaque chose que tu accepterais. Et chaque chose que tu refuserais. Personne ne t'avait prévenu. Au départ pas plus qu'à l'arrivée : rien ne serait affiché.

Publié dans nouvelle-poésie

Commenter cet article

Antoine Chainas 10/02/2009 21:41

Ah, chère Marie,
Ce petit texte a plutôt été conçu comme une fiction - ou à la limite une extrapolation. "Tu" se voulait un autre. Pas de grand message là-dedans, je le crains, ni d'introspection forcenée. Quelques vagues préoccupations, certes, mais je le répète, il n'est pas question d'autofiction ni de leçon à donner ou retenir. Peut-être ai-je été ambigu ou maladroit dans la forme, comme cela m'arrive parfois. C'est le danger de l'exercice. Mais j'ose espérer qu'à défaut d'être tout à fait artistique, le flou sera tout de même appréhendé comme fictionnel.
Amitiés.
Antoine.

marie gozdowski 10/02/2009 20:15

Faux. Tu ne voulais pas écrire pour donner mais juste paece que tu ne pouvais pas ne pas le faire. Certains, minoritaires,portent en eux cette oulsion qui les fait écrire ou peindre ou musiquer...Alors tu fais et tu le fais très bien. Restait à savoir si tu en farais une affaire privée ou une affaire publique. Ces enfants, dont il te fallait accoucher, les élèverais tu dans l'intimité de ton ame ou sous les feux des projecteurs? Et ne crois pas que tu avais le choix! Les projos s"allument et ils sont au centre.Paix à ton ame. Ne jamais regretter, ne jamais douter. Ton talent fait partie de toi, tu n'y peux rien. Autour étaient les marchands? Fort bien. Qu'ils jouent leur role.Tant de créateurs dont la gloire fut posthume! Tu ne pourras pas t'empecher de créer. Alors fais le. Peu importe si la reconnaisance vient plus tot ou plus tard. Garde toi des sirènes. Créer? Juste une affaire personnelle avec toi meme.Continue de créer. Là est ta vérité.Laisse aux marchands le mercantilisme et aux sirènes leurs appats mensongers.Et puis "kuoi c'est faire la vie? C'est p'tet qu'un jeu. Un kek sorte de full game qu'est plus facile qu'on croit"