Abattoir blues

Publié le par Antoine Chainas

Après ça : 











A la porte de Versailles, on enchaîne par le Salon du Livre du 13 au 18 mars.














Hasard ou coïncidence ? L'occasion, en tout cas, de se remémorer - en écho aux fulgurances d'un Julien Gracq- les propos que Sainte-Beuve tenait sur la littérature industrielle :
"La littérature industrielle est arrivée à supprimer la critique et à occuper la place à peu près sans contradiction et comme si elle existait seule. [...] La connivence éteint tout cri d'alarme.[...] Le champ [libre] a, été de tous temps infesté par des bandes; mais jamais il ne lui arriva d'être envahi, exploité, réclamé à titre de juste possession, par une bande si nombreuse, si disparate et presque organisée comme nous le voyons, aujourd'hui, et avec cette seule devise inscrite au drapeau Vivre en écrivant. [...] Il faut bien se résigner aux habitudes nouvelles, à l'invasion de la démocratie littéraire comme à l'avènement de toutes les autres démocraties. Peu importe que cela semble plus criant en littérature. Ce sera de moins en moins un trait distinctif que d'écrire et de faire imprimer. Avec nos mœurs électorales, industrielles, tout le monde, une fois au moins dans sa vie, aura eu sa page, son discours, son prospectus, son toast, sera auteur."
Et Charles-Augustin de conclure :
"Cette littérature en un mot, qu'on est fâché d'avoir tant de fois à nommer industrielle [...], a eu le vouloir et les instruments d'innovation, les capitaux et les talents, elle a toujours tout gaspillé : l'idée morale était absente, même la moindre; la cupidité égoïste d'un chacun portait bientôt ruine à l'ensemble."

C'était en 1839, et aujourd'hui encore, ça fait mal, très mal... En ces temps de crise, joignons les mains, mes frères, fermons les yeux, écrasons une larme et méditons ces paroles prophétiques s'il en est...

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