Cité dortoir, zone pavillonnaire Sud - 19 heures 30

Publié le par Antoine Chainas

Poème écrit l'année dernière, qui parle évidemment de tout sauf de morts-vivants.

 

Sous un horizon transparent

Où le temps s'obstine, patient

Les zombies suintent une ligne claire

Sous les essaims des lampadaires

 

Les scalpels de poudre d'or

L'espace d'un instant dissèquent

Leurs épaules de latex

Comme on dévoile un trésor

 

Sur les chaussées rectilignes

Loin des heures tumultueuses

Leurs traits épais forment des ravines

Leur peau terrible se creuse

 

Epithéliale fermentation

De l'harassante fréquentation

D'un quotidien trop cru

De choses vues et revues

 

Ils se traînent comme on traîne

Une plaie béante à l'âme

Et au détour d'un halogène

Ils disparaissent sans drame

 

Leurs pas interminables

Se noient dans le goudron

Leurs yeux impénétrables

Reflètent des moucherons

 

Qu'ils les ont arpentés

Ces boulevards, quadrillés

Ces allées, ces repères

Elevés au rang de mystères

 

Parfois, ils se souviennent

Là-bas, dans le lointain

Une caresse, une antienne

Et une main sur leur main

 

Surgissent alors les songes

Qu'un soleil noir inonde

Leur sourire se fait doux

Aller ailleurs, mais où ?

Publié dans nouvelle-poésie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article