Janvier 2011, rentrée littéraire bis

Publié le par Antoine Chainas

Histoire de bien commencer l'année, voici trois parutions de janvier attendues comme le canasson de Richard. Connaissant la production des gonzes et pour paraphraser le célèbre philosophe novlangue post-colonialiste Banania : y'a bon. 

 

Les harmoniques, Marcus Malte

arton22254-fbf9c.jpgParce que l'écrivain reste un des plus fins, des plus subtils stylistes de la littérature noire doublé d'un conteur hors-pair.  Dans le prolongement de Garden of love (éditions Zulma), Carnage constellation, La part des chiens, Le lac des singes, Le doigt d'Horace (éditions Folio Policier), Marcus Malte poursuit son travail d'équilibriste des mots et entre à la Série Noire avec un opus très jazzy. Bienvenue.

 

 

 Un fauteuil pneumatique rose au milieu d'une forêt de conifères, Thibault Lang-Willar

arton21888-c052d.jpgAprès six années d'absence et deux bouquins d'incandescence glacée chez Denoël (Chlore en 2003, Trajectoire de l'idiot en 2005), l'un des rares auteurs français à faire pénétrer l'anticipation sociale dans un champ d'expérimentation narratif convaincant, revient avec un recueil de nouvelles dérangé et dérangeant, entre le rire étranglé et la froideur mentale de l'entomologiste, publié cette fois chez Heloïse D'Ormesson.

 

 

Le porte-lame, William S. Burroughs

12209-medium.jpgEncore de l'anticipation, aux éditions Tristram (dont on ne saluera jamais assez le travail d'exhumation quasi-exhaustive des oeuvres les plus têtues de Ballard), sous forme d'un scénario abandonné inspiré du Bladerunner d'Alan E. Nourse (1974). Loin d'être un fond de tiroir dispensable, ce Porte-lame s'inscrit parfaitement dans le corpus halluciné de l'écrivain décédé en 1997. Petit extrait, pour la bonne bouche :

« Billy dans le métro. Inondés, les tunnels des niveaux inférieurs sont devenus des canaux. L’essentiel du ravitaillement de New York transite ici par bateau, et par des motrices à vapeur et des draisines au niveau supérieur. Les stations sont désormais des marchés éclairés par des lucarnes en verre armé. Leur chiche lumière grise se fond dans la noirceur d’encre des tunnels et canaux obscurs. Ici, la lumière est une ressource précieuse, qu’il faut conserver et protéger. Un homme allume un instant sa torche et des ombres se rapprochent de tous cotés. Il dégaine son pistolet : « Touchez pas à ma lumière, crevures. »

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