Altro mondo (è possibile)

Publié le par Antoine Chainas

lunes039Dans Un amour d'outremonde, de l'écrivain transalpin Tommaso Pincio (qui n'a à mon sens de commun avec son presque homonyme américain que l'allitération), il y a des bleds paumés et attachants peuplés d'individus paumés et attachants, et, parmi eux, le clone d'un certain Kurt, appelé à connaître une des gloires médiatiques et musicales les plus fulgurantes du siècle passé. Il y a une réalité dont l'existence n'est pas prouvée alors que malgré tout, elle ne cesse d'être étirée, démultipliée, exaltée, par des arrangements aussi dévastateurs que délicieux : l'usage répété une célèbre poudre blanche à inhaler ou injecter dont la vente est prohibée. Il y a des énumérations quasi pérecquiennes de toute beauté. Il y a un hommage - sinon une déclaration d'amour raffinée - à l'imaginaire que l'on affectionne. Il y a une langue et un humour, un humour de la langue, une langue humoristique qui piquent le palais et raclent les dents à l'épreuve du gueuloir. Il y a l'ombrage d'un terrain familier qui, pourtant, ne ressemble à aucun des lieux que nous avons pu arpenter jusque là dans nos lectures compulsives. Il y a enfin, comme son titre l'indique, un amour d'outre-monde. Aux confins du désert, sous l'éclatante sécheresse du manque, les illusions entretenues tout au long du livre permettront à deux infirmes de la vie de faire un détour par le champ des possibles. Le reste n'est que fiction.

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