Running amok with Dominique # 1

Publié le par Antoine Chainas

Pochade S.F. jadis commandée par un magazine célèbre pour ses femmes dénudées à l'époque où les rédacteurs en chef louaient sans réserve le potentiel commercial d'une affaire non moins célèbre pour sa femme dénudée.

Si le projet, pour des raisons diverses et variées, n'a pas vu le jour sous sa forme originelle, voici l'heure de te réjouir, lecteur chéri, car il t'est aujourd'hui présenté en exclusivité interplanétaire for your eyes only, en version uncu(n)t, cela va sans dire.

Cette aventure spatio-temporelle déviante a été réalisée en collaboration avec le dessinateur David Mohamed, dont le talent n'a d'égal que la gentillesse.

Pour des raisons de commodité, cette nouvelle sera publiée en trois volets. Stay tuned.

 

                                                                              RUNNING AMOK WITH DOMINIQUE

 

 

L'agent spatio-temporel Tannhäuser Fokker, sorte de Northwest Smith hyperprotéiné et dégénéré, est chargé par le Consortium tout-puissant qui l'emploie de se rendre dans le passé - c'est-à-dire notre présent - afin de modifier by all means necessary le cours d'événements susceptibles de porter atteinte au Monde Libre et Capitaliste. Dès lors, quand il faut faire le ménage pour réparer les bourdes de nos élites contemporaines, quand il devient indispensable de les défendre contre la veuve et l'orphelin, Fokker reste l'ultime recours. À péril extrême, solution extrême.

 

01ouverture 630pxAu premier coup de lampe de chevet, un peu au-dessus de la pommette droite d'Ophelia, l'œil sauta et ce fut d'un effet assez dévastateur, d'un point de vue esthétique, sur la physionomie symétrique et délicate de l'employée d'origine africaine. Au deuxième coup, assené dans la foulée, le beau visage d'ébène commença à vraiment prendre des allures de Picasso revu par Francis Bacon. Au troisième coup, la tête éclata simplement, ce qui était tout aussi bien et beaucoup plus court à décrire. La femme de chambre s'écroula sans un cri et son corps, soumis à de brusques variations dans le taux des micro-impulsions 02fokker_action_630px.jpgcontradictoires envoyées par le cervelet en bouillie, se mit à tressauter sur la moquette anglaise parsemée de fragments d'os crâniens et de matière cérébrale.

On était le 14 mai.

« Mais qu'est-ce que vous faites ? Vous êtes complètement fou ! » balbutia le directeur du F.M.I., à poil dans la suite 2806 du Sofitel de la 44e Rue.

Si, quelques instants plus tôt - ce qu'attestait le rapport qu'on avait remis à Fokker avant qu'il ne parte pour une énième mission de sauvegarde du Monde Libre et Capitaliste - le vénérable banquier international avait eu une érection, il n'en restait plus aucune trace après que le sujet fut soumis à la vision somme toute peu stimulante du faciès pulvérisé de la femme de chambre.

(À suivre...)

 

 

 

 

 

 

 

                                                Texte : Antoine Chainas - Illustrations : David Mohamed.

 

  

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