Something flickered for a minute

Publié le par Antoine Chainas

Musiciens, glandeurs, pédés acnéiques ou toxicos suicidaires, lycéennes de noble extraction ou chômeurs en devenir, échantillons barbares d'une adolescence nauséeuse en son temps redevable, débitrice en quelque sorte d'une poignée de mots jetés en pâture aux lisières de la bande FM, à rebours des années 70 où seule une phalange d'initiés - ceux qui connaissaient les stridences et la lumière blanche, ceux qui savaient que deux télévisions et deux voitures dans le pavillon familial n'allaient pas les sauver, ceux qui, nostalgiques de l'époque où les jeunes filles se pâmaient à l'écoute d'un quatrain, regrettaient de ne pas être nés mille ans plus tôt, ceux qui côtoyaient du bout des lèvres la faune neurasthénique, le spleen grimé de strass des noctambules solitaires, vagues palpitations sur le pavé d'une métropole inconnue - se rencontraient avec la force de collisions improbables avant de devenir malgré eux les adultes consentants d'un monde sans promesse et de s'incliner, trop tard, sur la tombe de leur propre jeunesse.

 

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