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Quelque part, dans le monde tel que nous le connaissons, il existera bientôt un certain rapport entre ceci :


Et ceci :

 

Ce rapport, vous le découvrirez (ou pas) lorsque sortira
Une Histoire d'Amour Radioactive
Éditions Gallimard
Série Noire
Avril 2010

Par Antoine Chainas
Jeudi 15 octobre 2009

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En passant, et parce qu'ils le valent bien (registred l'Oréal), un petit article sur deux bouquins résolument féroces lus récemment. Ce qui les lie ? Une science consommée du timing, de la respiration, d'abord. Les points / contrepoints définissant ce rythme consistent d'un côté en un sens indéniable du lyrisme - poisseux pour le premier (Willocks), sec pour le second (Teran) - et de l'autre en une incontestable propension à offusquer les esprits chagrins de certains intervenants blogo-forumo-sphériques-qui-se-piquent-de-critique par leur côté rentre-dedans, excessif, sauvage, brutal, sanglant, incontrôlable en apparence. Entendre sans concession, ce qui est, bien entendu, une qualité. L'ultra-violence de quelques passages aura, par son aspect nécessaire, non complaisant, et exempt de séduction, suscité l'engouement de certains - dont moi - et la réticence des autres : les esprits chagrins dont je parlais tout à l'heure. Ceux qui voudraient lire des romans noirs non violents, qui espèrent, dans la littérature du dérèglement, faire l'économie du pire : buveurs de décaféinés et fumeurs de cigarettes lights, risque-rien, courtes-vues, pète-sec et pisse-froid, couche-tôt, pousse-mégots, demi-sel et entre-deux, gagne-petit, lèche-bottes, fesse-mathieux, pis-aller et gobe-mouches, haut-les-coeurs, repose-méninges, semi-finis, passe-plats, rabat-joie, moins-value, m'as-tu-vu et quant-à-moi, porte-documents et sauve-qui-peut, cheveux-longs-idées-courtes, ronds-de-cuir et traîne-savates, trop-perçus et sous-fifres, taille-pipes, fausses-balles, va-t-en-guerre, tourne-à-gauche, tire-lignes, pousse-toi-de-là-que-je-m'y-mette, tragi-comiques, amateurs de noir au nez sensible. Les sentez-vous ? Fumet incomparable du sent-bon à tire-larigot : les voilà, avec une constance qui frise l'ascèse, avec une clairvoyance assourdissante, qui se fourvoient sur la présence envahissante d'une violence qui constitue l'essence même du genre, pour peu qu'elle soit distanciée, réfléchie, mûrie, comme c'est le cas ici. Incapables de se demander si la plus grande violence n'est pas, justement, la justification de sa propre absence. Incapables de songer un instant que ce qui dérange n'est pas la plus explicite des effusions de sang.
J'ai entendu, l'autre jour, en participant à un débat avec quelques "confrères", l'un d'eux proclamer avec fierté et sérieux sa faculté à éviter le trash. Doit-on comprendre que la black novel, pour reprendre un anglicisme à la mode, a l'obligation d'être clean ? Revenons un instant, mes amis, sur la notion de trash (notion que je n'ai pas pu développer lors du débat parce que Rama Yade passait juste après nous et qu'il n'y avait plus le temps et que... Allons, c'est une autre histoire). Le trash, c'est la poubelle, les ordures, les choses que l'on jette et dont on ne veut absolument plus entendre parler. Le trash, c'est les laissés-pour-compte, les fous, les perdus... Alors, oui, on peut effectivement produire de bons romans noirs sans revendiquer à tout prix cette tendance, mais de là à vouloir adopter une stratégie de l'évitement... Sans doute existe-t-il dans cette théorie emblématique d'une société propre où le danger, la saleté sont éradiqués - ou plutôt mieux dissimulés - un potentiel commercial évident. C'est l'air du temps. Et il est probable que cet auteur (ne me demandez pas son nom, je ne m'en souviens plus) était bien plus sexy dans son argumentation que votre serviteur.
Mais vous aurez compris que je m'égare : me voilà en train de parler de tout sauf des bouquins eux-mêmes.
Les voici donc. Après la Quality Street (registred Nestlé), la Quality Trash - une autre manière de "savourer les plaisirs gourmands" :

Par Antoine Chainas
Vendredi 14 août 2009

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Plaisir d'offrir, joie de recevoir : voici quelques projets de couvertures qui ont été - pour des raisons parfois mystérieuses, parfois évidentes - mis de côté par la maison d'édition lors du travail de finalisation.
Par Antoine Chainas
Jeudi 19 février 2009

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Il ne s'agit plus de bouger les meubles, faire de la place à ceux qui z'en veulent, mais d'une petite révolution qui n'a rien de copernicienne. Révolution qu'a entamée la Série Noire, placée sous la direction du très rock'n roll Aurélien Masson. En trois mois, c'est une déferlante qui s'abat sur le pauvre peuple de France, la dégoulinante, mec, la rupture totale, de débranchage de circuits dans les règles de l'art. Bon, on pourra arguer, sans tenir compte du fait que le lecteur et ses attentes changent, que le polar n'a pas vraiment besoin de ça. On pourra arguer que le monde continue de tourner et 90% des gens s'en foutent complètement. Mais ce n'est pas l'important : le roman noir est en train de se prendre un coup de pompe dans le train et, si le rythme est gardé, il va bien finir par le sentir passer, à force.

Qu'on en juge un peu :

- Janvier : Thierry Marignac - Renegade Boxing Club.

- Février : Charlie Williams - Le Roi du Macadam et Ken Bruen - Cauchemar Américain.

- Mars : D.O.A. - Le Serpent aux Mille Coupures.


Combattants

Thierry Marignac revient, et il n'est pas content. Vous me direz, Marignac est tout le temps en colère et ça fait vingt ans que ça dure. Il fait partie, à l'instar d'un certain Nazutti dans Versus, de ces gens dont la rage inextinguible se matérialise sous la forme d'une sorte d'intégrité, de pureté. Ne jamais se rendre, ne jamais se compromettre et survivre. C'est sans doute ce qui transparaît le plus dans ses bouquins : le pouvoir des mots et celui des coups est finalement assez semblable ; la danse est identique et constitue une arme de survie en milieu hostile. Dans Renegade Boxing Club, Dessaignes, un humanitaire à la ramasse, est approché par un homme d'affaire russe légèrement flippant pour expertiser des écoutes et défendre en procès un compatriote de ce dernier légèrement mafieux. Au pouvoir des mots, au pouvoir politique, Dessaignes va substituer celui du corps, de la frappe et des enchaînements de combinaisons en trouvant refuge dans les sous-sols de Greenville, au sein d'un club de boxe miteux animé par un certain Big Steve. Et il n'est pas surprenant de constater une fois de plus chez Marignac, outre une fascination manifeste pour les "univers virils" qui sont les siens - que le protagoniste principal, après avoir échoué (comme dans Fasciste, premier roman de Marignac) à opérer la jonction entre les mots (le mental) et la cogne (le physique), sous la menace d'être broyé par les rouages politiques, se réfugie (comme dans Fasciste, encore), dans les lieux où ça continue de frapper. Un vrai bon roman avec de la vraie bonne sueur : celle des coups et celle de la peur qui les entraîne.


Yop Là

Royston Blake, le héros très noir des Allongés, puis un peu plus rigolo de Clopes et Binouze, revient pour le dernier volet de la trilogie Mangel, Le Roi du Macadam, et finit d'opérer sa mutation vers un comique pur, porté ici à son point de chute logique, celui du slapstick. Il semblerait d'ailleurs - et c'est là une opinion purement subjective, comme toutes celles exprimées dans ce blog - qu'à mesure que Blake évolue, son corps même, sa gestuelle deviennent plus élastiques, plus frénétiques. Au point qu'on ne puisse plus cesser de penser, durant la lecture de cet ultime opus, à la célèbre chanson de Maurice Chevalier : "Quand on voit passer le grand Prosper avec son beau petit chapeau vert et sa martingale, à son air malabar et sa démarche en canard, faut pas être bachelier pour deviner son métier..."
Certains regretteront cette évolution (ceux qui n'aiment pas le comique car il désamorce le drame) tandis que les autres la salueront (ceux qui préfèrent que la noirceur soit contrebalancée par l'humour). Pour ma part, je me suis bien marré. Ce qui est déjà énorme. Et puis, finalement, la démarche de Williams est cohérente : le rire, pour peu qu'on le mène avec doigté à son paroxysme, peut être aussi dévastateur que le plus enragé des brûlots.


Cauchemar irlandais

Oui, cauchemar irlandais, c'est plutôt comme ça que j'aurais appelé le dernier roman de Ken Bruen tant, ici, l'Amérique prend des airs salutaires et le cauchemar, justement, vient d'Irlande, pays dont sont originaires les protagonistes du livre - à l'exception d'un couple de psychopathes typiquement "bigger than life". Ceci dit, je suis pas Ken Bruen et on se fout de savoir quel titre j'aurais trouvé pour le bouquin. Une fois encore, l'écrivain fait preuve d'une majesté inégalée dans la débine. Steve O, le héros de l'histoire, ressemble, en bien des points, à Jack Taylor, autre personnage fameux inventé par Bruen : un mélange de noirceur abyssale, de prédisposition à l'échec, d'inaptitude au bonheur et de compassion fulgurante pour les autres, tous les autres. Ceux qui souffrent. Et ils sont tellement. Ici, il est question d'un braquage foiré, d'une grosse somme d'argent entre des mains inopportunes, et d'un irlandais qui va exporter son propre chaos outre-atlantique. Finalement, vous l'aurez deviné, on retrouve dans ce livre tout ce qu'on aime chez l'auteur : une écriture très fluide et faussement simple agrémentée d'un plan solide. Allez jusqu'à la fin, car comme toujours, Bruen sait ménager de magistraux coups de théâtre. Oui, allez jusqu'à la fin de ce cauchemar. Irlandais ou américain, peu importe : les mauvais rêves et les gueules de bois sont universels.



Reptilien

Trois adjectifs caractérisent le nouveau roman de DOA : sec, sec, sec. Et c'est une excellente nouvelle. Car l'homme s'y entend en matière de timing, d'action et de relâchement, sans oublier la petite pointe de critique sociale qui rehausse le tout. Ca va vite, ça frappe juste. Pas de psychologie ni d'état d'âme. Pas de digression ni de figure de style inutile. DOA, après le très ambitieux Citoyens Clandestins, revient au simple, au limpide : un deal de dope en pleine cambrousse qui tourne à l'hécatombe, un motard blessé recueilli par un Noir en butte à l'hostilité du "monde rural", et une histoire de mille coupures que vous pourrez découvrir et, éventuellement, replacer dans une discussion mondaine un de ces quatre. Ici, on a vraiment bien aimé parce que, parfois, on ne demande pas au polar autre chose que de la concision, du sérieux et de l'efficacité. Une chose que les amérloques font (parfois) très bien et que DOA - après s'être attaqué aux autres chasses gardées US qu'étaient le cyberpolar et le thriller géopolitique - adapte avec maestria. Appelons ça de l'importation intelligente. Chapeau.

 

Par Antoine Chainas
Jeudi 12 février 2009

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Sur le blog sympatoche et très sincère de l'ami Fabien, Art de Lire, il est loisible de lire une petite chronique de bibi que j'espère tout aussi sympatoche et sincère du splendide ouvrage de Bruce Benderson : Toxico. Je n'en dis pas plus : c'est ici.
Par Antoine Chainas
Vendredi 30 janvier 2009

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Quelques petites babioles juste pour s'amuser...




















Et en avril 2017 :





















Puis avril 2025 :

Par Antoine Chainas
Mardi 27 janvier 2009

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Marcus Malte, un des mecs les plus sympathiques, les plus mystérieux et les plus doués du microcosme polardeux sera l'invité de la très recommandable émission Mauvais genres sur France Culture demain 10 janvier, à 21 heures.
Marcus Malte a entre autres écrit ceci :

Grand Prix des Lectrices de Elle 2008. Ceci n'est pas un paradoxe, je répète, ceci n'est pas un paradoxe.


 

 

 

 

 
Ceci :

Excellentes rééditions chez Folio Policier (merci monsieur Besnier) des premières exactions de l'énergumène chez Fleuve Noir.











Et ceci :

Certifié bonne came par mon fils.

 

 

 

 

 

Connaissant la volubilité du personnage (au moins proportionnelle à la mienne), l'entretien avec François Angelier promet de grands moments radiophoniques. Ne manquez pas ça. Allez, Marcus, courage...

Par Antoine Chainas
Vendredi 9 janvier 2009

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Écrivain X modèle standard numéro de série 9800#2 passa la tête par l'entrebâillement.

Il n'avait pas dormi depuis 2016.

D'abord, il ne reconnut pas l'homme assis au bout de la pièce.

Écrivain X modèle standard numéro de série 9800#2 plissa les yeux. Il y avait longtemps que les spansules en administration sublinguale cinq milligrammes de dex, qu'il gobait comme des friandises à un rythme bien supérieur à celui préconisé par la Médecine d'Etat du Ministère du Rendement Littéraire, ne l'aidaient plus. Il frissonna. Tendit le visage en avant, cherchant à accommoder sa vision au plus juste.

Lentement, les traits de l'homme se firent plus nets. Ils prirent, au centre du visage oblitéré par les légendaires bésicles noires, leur place naturelle. Celle qu'ils n'auraient jamais dû quitter. Ainsi, c'était vrai : il était encore là. Le bruit courait depuis quelque temps qu'ils étaient de plus en plus nombreux à être remplacés par des logiciels alignant paradigmes et syntagmes bien plus vite et avec beaucoup plus d'inspiration que n'importe quel organisme pensant. Paradigmes et syntagmes : la littérature se résumait désormais à cette simple équation d'intégration verticale / horizontale. Et puis les logiciels ne tombaient jamais malades. Ils n'avaient pas de pensées subversives, la notion d'interrogation leur était étrangère. Ils n'avaient jamais envie de faire passer des idées périphériques ou de tout envoyer balader. Ils n'avaient jamais envie de se tirer une balle dans la tête. Mais si ce que lui disaient ses yeux était vrai, si l'homme qui se tenait en face de lui n'était pas une hallucination due aux méthamphétamines, à la pression croissante du Bureau de Production Éditoriale et au manque de sommeil, alors il était possible que cette rumeur fût une manoeuvre d'intoxication des Terroristes Sémantiques. Rien de plus.

En légère instabilité, Écrivain X modèle standard numéro de série 9800#2 appela d'une voix rauque, asséchée ; une voix qui n'avait plus rien d'humain et qui prononçait des mots qui ne lui appartenaient pas :

- Maurice ? Maurice G. Dantec ?

Par Antoine Chainas
Lundi 5 janvier 2009

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Watch out, you people ! Les mois de janvier / février 2009 seront Marignac ou ne seront pas.
L'auteur himself me signale fort à propos un petit site dédié à son dernier opus, le très attendu Renegade Boxing Club, qui sortira le 15 janvier à la Série Noire. Marignac qui se met aux teasers ? Ben ouais, et avec quelle maestria !
On peut d'ores et déjà y lire d'alléchants extraits du roman. Ainsi que les commentaires des premiers lecteurs (les veinards !) appartenant à la Marignac constellation : Jerry Stahl (A Poil en Civil, Fatty...) et Carl Watson (Hôtel des Actes Irrévocables, Sous l'Empire des Oiseaux), excusez du peu.

J'y reviendrai évidemment, d'autant plus qu'en ce moment, après avoir lu le poignant et crépusculaire Toxico, de Benderson (éditions Rivages - Traduction Marignac), je suis plongé dans Fasciste qui est 'achement, 'achement bien. Tout cela très bientôt, donc.











En outre, le 22 janvier, Moisson Rouge a l'excellente idée de rééditer (avec préface du renégat) Rasta Gang, de Phillip Baker (originellement Blood Posse) : un grand roman sur la guerre des gangs dans les années 70 entre rastas et noirs américains.
Enfin, le mois suivant sortiront deux nouvelles trad' du maître à la Série Noire : Ken Bruen pour Cauchemar Américain (American Skin, en anglais) et Charlie Williams pour Le Roi du Macadam (King of the Road...) : deux auteurs que nous apprécions particulièrement par ici, et le mot est faible.
Bien entendu, je vous reparlerai de ces ouvrages en temps et en heure. Corporatiste, Chainas ? Quand c'est du bon, quand il s'agit de mecs comme Marignac, Bruen, Williams, j'en passe et des meilleurs, pourquoi pas ? Assumons, foutons les pieds dans le plat et faisons-nous les lécher par un labrador sous méthédrine.

Par Antoine Chainas
Lundi 22 décembre 2008

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Une chronique d'un grand roman POOONK oublié et ressuscité par les indispensables éditions Moisson Rouge est disponible ici.

 

Par Antoine Chainas
Jeudi 27 novembre 2008

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