La fin et la fin et la fin et...

Publié le par Antoine Chainas

Voici une short-short story écrite voilà quelques années pour un célèbre magazine à l'époque underground.

Un violent éclair fit vibrer la baie vitrée.

Il pleuvait sur Paris depuis une semaine. Une pluie lourde et froide qui semblait ne jamais devoir s'arrêter. Le Lecteur se tenait là, seul, dans son grand appartement au sommet d'une des tours du XIIIème, stupéfait, abasourdi. Il contemplait la lettre qui était arrivée à son domicile ce matin même. Pas d'expéditeur, pas de cachet. La feuille était en papier glacé épais, coupante comme un fil de rasoir. Il s'était entaillé le pouce en la sortant de l'enveloppe et suçotait le doigt meurtri tout en parcourant une fois encore les mots inscrits, tant il ne pouvait croire à ce qui était marqué là, en lettres d'imprimerie :

Un violent éclair fit vibrer la baie vitrée.

Il pleuvait sur Paris depuis une semaine. Une pluie lourde et froide qui semblait ne jamais devoir s'arrêter. Le Lecteur se tenait là, seul, dans son grand appartement au sommet d'une des tours du XIIIème, stupéfait, abasourdi. Il contemplait la lettre qui était arrivée à son domicile ce matin même. Pas d'expéditeur, pas de cachet. La feuille était en papier glacé épais, coupante comme un fil de rasoir. Il s'était entaillé le pouce en la sortant de l'enveloppe et suçotait le doigt meurtri tout en parcourant une fois encore les mots inscrits, tant il ne pouvait croire à ce qui était marqué là, en lettres d'imprimerie :

Un violent éclair fit vibrer la baie vitrée...

 

 

 

 

 

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Publié dans nouvelle-poésie

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J
Direction la médiathèque qui possède un volume (en français) contenant toutes les nouvelles de Cortazar (fais gaffe, il est gros). Idem pour les nouvelles de Buzzati, mais ne nous égarons pas. Malheureusement rien de Bioy Casares qui a écrit des petits bijoux. (si un jour tu as l'occasion de lire le Journal de la Guerre au Cochon et, bien sûr, l'Invention de Morel précité, sans oublier ses nouvelles...)
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A
<br /> Salut jlcheche, quel enchantement de te voir sur ce blog ! Merci pour ces conseils de lecture. Je les note - houlà... ça commence à faire beaucoup pour ma petite tête - sur mes tablettes à<br /> côté de Cortazar, Casares et Borges. Au plaisir de te revoir par ici.<br /> <br /> <br />
J
Bien le bonjour, permettez que je m'incrustasse un instant pour vous conseiller - rapport à Silvina Ocampo - la lecture de son non moins célèbre mari : Adolfo Bioy Casares et son fabuleux roman "L'invention de Morel". A eux deux ils ont aussi écrit un polar, "Ceux qui haiment haïssent", étrange et envoûtant, comme souvent avec la littérature d'Amérique du Sud. Au plaisir de continuer à vous lire.
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A
<br /> <br /> Bonjour Jenotule,<br /> Incrustassez-vous, incrustassez-vous, vous êtes tout à fait le bienvenu par ici. Je note illico les deux romans que vous me suggérez sur mes tablettes, juste à côté de Cortazar. Etrange et<br /> envoûtant, c'est une belle définition de la littérature sud américaine, sans généraliser pour autant. En tout cas, merci pour ces suggestions et n'hésitez pas à revenir vous incrustasser (un<br /> crustacé ?).<br /> A bientôt.<br /> <br /> <br /> <br />
J
La compraison s'arrêtait là effectivement.<br /> Ton texte est plus court, et sans faire injure à personne, à mon humble avis, Cortazar est un des plus grands nouvellistes du XX° siècle. Au risque de me faire lyncher par les puristes, je le préfère même à Borges.<br /> <br /> Si tu as l'occasion, son recueil "Les armes secrètes" relève du génie pur.
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A
<br /> Merci Jean-Marc,<br /> celui-là est noté sur mes tablettes. Je ne sais pas si tu connais, mais dans la même veine, j'avais lu (ça me revient maintenant), un recueil de Silvina<br /> Ocampo - Faits divers de la terre et du ciel - qui m'avait fait vraiment forte impression (onirisme, encore, jeu, encore, grande sensibilité poétique, encore). Silvina<br /> Ocampo qui fut d'ailleurs une grande copine de Borges et Calvino... It's a small world.<br /> A bientôt.<br /> <br /> <br />
J
Encore moi.<br /> Si tu lis aussi l'espagnol elle est là :<br /> <br /> http://www.literatura.org/Cortazar/Continuidad.html
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A
<br /> Salut Jean-Marc,<br /> good to see you... Je ne connaissais pas ce texte de Cortazar (à moins de l'avoir lu à l'école, mais je ne m'en souviens pas. Peut-être, inconsciemment...). En tout cas, merci de me l'avoir fait<br /> découvrir (en français, car l'espagnol et moi...). Effectivement, le procédé est le même - transgression narrative, mise en abyme, paradoxe diégétique - et il porte en lui une dose d'onirisme<br /> poisseux propre au genre. Il me semble que Marcus Malte, d'après ce que j'ai entendu dire, a utilisé ce procédé récemment dans Garden of Love. Dans le cas de la short-short ci-présente, la<br /> contrainte était donc de faire très court - et de créer un effet de surprise, quel qu'il fût. Comme pour Cortazar, la dimension ludique était fondamentale. Cependant, la comparaison s'arrête là<br /> pour moi puisque son texte, me semble-t-il, recèle beaucoup plus de subtilités (mais il est plus long). En tout cas, merci, très bon texte, vraiment.<br /> A bientôt.<br /> <br /> <br />
J
Salut,<br /> <br /> Connais-tu "Continuité des parcs", de Julio Cortazar ? Si tu cherches sur Google, tu peux trouver le texte traduit en lecture libre. Tu me diras ce que tu en penses. Et tu verras pourquoi tu m'y a fait penser ...<br /> <br /> Amitiés
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