Pornographie du quotidien

Publié le par Antoine Chainas

2009 se profile et...
Certains espèrent. D'autres redoutent... Quelques-uns s'en foutent.

















Une seule chose à faire avant l'apocalypse : baiser.




"Ce modèle, en plaqué or 18 carats, est un sublime objet et à la différence des autres, vos sensations se trouveront décuplées par le contact avec le froid du métal (mis cinq minutes au réfrigérateur avant utilisation) ou sa chaleur (chauffé cinq minutes au four avant utilisation). Prix : 1700 euros.

Pile AAA fournie."








Ou laisser crever.


"Plus de 340 SDF sont morts en 2008. Soit près d’un sans-abri décédé par jour. Le collectif Morts de la rue précise qu’il ne s’agit que d’une estimation."


 

 

 

 

 

 

 


Bonne fin d'année 2008.

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jérôme leroy 30/12/2008 00:53

Bonne année littéraire et personnelle, Antoine.
Le communisme enfin réalisé, ce sera des sex-toys de luxe pour tous.
Je signale, outre les morts des sdf que les catastrophes naturelles ont fait 220 000 morts en 2008.(cf Le monde)
Ce qui est amusant, enfin façon de parler, c'est d'appeler catastrophes naturelles les conséquences directes de la folie marchande sur notre environnement. Bel exemple de novlangue orwellienne et voilà pourquoi on n'a plus que jamais besoin de littérature, c'est à dire de nommer ce qui tue avec des mots qui n'ont pas été "démilitarisés" par le discours dominant.
D'où ma hâte de te lire, toi qui sais que l'obscénité est davantage chez Arcelor Mittal que dans n'importe quelle "perversion" sexuelle.

Antoine Chainas 30/12/2008 10:42


Salut Jérôme,
D'abord, permets-moi d'attendre un peu pour te souhaiter bonne année. Tu sais, je suis très attaché aux formes (dans tous les sens du terme). Oui, ce que tu dis est très juste. Je viens à ce propos
de lire Big Sister, d'un certain... comment s'appelle-t-il, déjà ? Leroy, c'est ça ! Et finalement, ça disait un peu la même chose, avec en plus une histoire à tomber. J'ai adoré (sans
complaisance :) cet aparté est pour Thierry M.) Quant au pouvoir des mots et des livres, je suis plus réservé dans l'époque actuelle. Trop de lumière, trop de bruit. Et puis tout ce qui devait être
dit a déjà été dit. En mieux. Reste effectivement la possibilité d'amener des lecteurs, à travers la littérature populaire, à des classiques plus consistants (tu parlais d'Orwell et de sa
novlangue, par exemple. Mais n'oublions pas aussi Dans la Dèche... qui rappelle un peu trop étrangement les résurgences de notre époque). En tout cas, oui, je te rejoins, toi, Ledun,
Di Rollo et d'autres : l'oscénité, la perversité sont bien le fait de la normalisation massive (ou de la masse normalisée, c'est comme on veut) et la pornographie moderne est là, devant nous, dans
nos rues, nos magasins, sur les affiches et les écrans, au coeur de ce saccage mondial qui est le nôtre, dans les slogans et l'appauvrissement abyssal de la parole politique (où le pouvoir des mots
n'est plus qu'un aveu d'impuissance). Pas besoin d'aller très loin. Alors, oui, vive les marges, vive les mouvements périphériques, la contre-culture... Et la pornographie, la vraie,
l'abrutissante, celle des 3x8 en gros plan, celle des injections de papavérine, celle des projos surchauffés et des fluides, celle qui ignore jusqu'à l'objet montré pour ne laisser que le
mécanisme, la répétition, celle qui nie l'humain et en même temps ne le résume que trop bien, cette pornographie-là reste, à mon avis, un des derniers outils de dénonciation et de remilitarisation,
pour reprendre ton terme. Un vrai roman porno, en écho : je suis d'ailleurs en train de bosser là-dessus (je doute quand même un peu du potentiel commercial de la chose, ah, ah).
A bientôt pour des voeux officiels.
Amitiés.
Antoine.
P.S : Il est possible que je me trompe du tout au tout et que ma petite analyse rageuse et péremptoire ne soit qu'une impasse. Possible aussi que ce moyen de contestation soit un peu dépassé. Je
verrai lorsque j'aurai terminé l'engin ;).


marie gozdowski 27/12/2008 19:10

Vivre dans la rue ca tue! On en est à 346
cette année (FR3 d'hier soir).
Baiser, je n'y crois pas trop. C'est du très court terme pour l'autruche qui cache sa tete dans le sable! A tout prendre, une bonne séance de sport est tout aussi, sinon plus, bénéfique. Faire l'amour avec délectation c'est autre chose. Hélas, trois fois hélas, les ingrédiens ne se trouvent pas sous les sabots d'un cheval!

Ceci dit et hors toute grivoiserie je vous aime Monsieur Antoine Chainas. Votre Maman vous a bien réussi!